La justice restauratrice et le terrorisme

 
 
Line Witvrouw
2009
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Introduction

Comme nous le savons tous, depuis le 11 septembre 2001, le terrorisme est à la première place sur l'échelle des menaces internationales, même si, ce phénomène existait bien avant cette date. Devant cet évènement, les Etats-Unis ont eu une réaction principalement militaire et paramilitaire que nous connaissons également. Celle-ci pourrait bien être qualifiée d'opportuniste, d'irréfléchie ou encore de dure, puisque la violence a répondu à une autre forme de violence. La seconde réaction devant ce fait a été de renforcer l'état de sécurité du pays. Ce changement a été suivi par de nombreuses autres nations dont le Canada. En effet, le gouvernement canadien a investi plus de 280 millions de dollars dans les mesures de sécurité immédiates. De par les nombreuses mesures adoptées, nous pouvons dire que le monde entier était en alerte et a changé de politique en quelques minutes. De nombreux bouleversements ont suivi cette catastrophe et ont modifié les politiques de sécurité jusqu'à aujourd'hui.

Certes, ces transformations étaient et sont peut-être nécessaires, nous pouvons cependant poser la question de la pertinence d'utiliser une autre méthode de réaction face au terrorisme. Selon Kenneth Cloke (2005), l'intervention américaine aurait pu être différente face à cette problématique. Les américains auraient pu profiter de cet évènement pour mettre en place des techniques de résolution de conflits et les mettre en oeuvre dans un contexte de partenariat mondial entre les nations. Au lieu de prôner la revanche, la guerre et l'isolation, les Etats-Unis auraient pu défendre le pardon, la compassion et la collaboration.

Nous allons essayer d'éclaircir une position d'encouragement de la réconciliation en étudiant le rôle que pourrait prendre la justice restauratrice dans le domaine du terrorisme. Cette méthodologie pourrait-elle s'utiliser seule face à de si grandes problématiques? Quelles sont les limites de cette justice? Répond-elle vraiment aux attentes des populations, des victimes et de l'état? Quels cas peuvent démontrer l'utilité des valeurs réparatrices? Afin d'essayer de répondre à ces interrogations, nous allons rappeler, dans ce travail, les grands principes de la justice dite "réparatrice". Nous allons, ensuite, les confronter à la problématique du terrorisme. Nous illustrerons cette idéologie dans deux cas particuliers, celui de l'Irlande du Nord et celui de l'Arabie Saoudite. Enfin, nous la situerons dans les possibilités de réponses qui s'offrent à nous face au terrorisme et nous décrirons les différentes théories criminologiques pertinentes dans le cadre de ce travail.

 
 

 

 
 

Contenu

I. La justice restauratrice
1. Qu'est-ce que la justice restauratrice?
2. Principes
3. Hypothèses
4. Limites

II. La justice restauratrice et le terrorisme
1. Cas de l'Irlande du Nord
     a) Historique du conflit
     b) Le processus de paix
     c) Evaluation
2. Cas de l'Arabie Saoudite
     a) Historique et informations générales
     b) PRAC
     c) Evaluation

III. Les théories criminologiques
 
 

 

 
  Conclusion

La justice restauratrice est une façon de voir le crime et les acteurs concernés par celui-ci. Nous avons soulevé l'importance de ses principes et les avantages de son utilisation dans la réponse à la criminalité. A présent, nous savons également que la principale difficulté de cette idéologie est sa mise en place dans un contexte de criminalité autre que de la petite délinquance. Malgré ce constat, le cas de l'Irlande du Nord et de l'Arabie Saoudite nous ont démontré que l'injection de valeurs restauratrices dans un processus de paix ou de contre terrorisme était possible. En effet, les valeurs prônées par la justice "réparatrice" ont le mérite de répondre à de nombreuses lacunes du système ordinaire dans son mode de réaction au terrorisme ou conflit armé. Rappelons-nous, par exemple, que les réactions "hard-line" peuvent donner de la légitimité aux groupes terroristes et leur offrir le soutien de la population. "Même la plus organisée des réactions contre le terrorisme peut être contrée par un groupe terroriste qui a le support de la communauté" (Clifford E. Simonsen, J.R. Spindlove, 2000).

Nous savons que le contre terrorisme dépend de la vision que nous avons de l'acte terroriste et des terroristes eux-mêmes. Nous ne pourrons jamais réagir d'une façon "douce" au terrorisme si nous considérons que cette façon de penser existe en dehors de notre société. Le terrorisme s'inscrit dans la communauté et se doit d'être résolu à travers celle-ci. Certes, les terroristes sont responsables de leurs actes mais nous nous devons de participer à leur réintégration et la communauté se doit de se remettre en question afin de ne plus "laisser" la possibilité aux personnes de se radicaliser. La réintégration du terroriste dans la société, la réparation de la victime ou de l'état, la participation de celui-ci dans la réhabilitation de la paix sociale sont autant d'éléments cruciaux dans le processus de réconciliation entre la population, l'état et les terroristes. Nous savons que la justice restauratrice n'est certainement pas suffisante pour éradiquer le terrorisme, mais, elle peut assurément faire partie du panel de possibilités réactionelles face à cette problématique. Nous nous sommes rendus compte que les valeurs de cette justice sont donc efficaces même dans un contexte aussi complexe que le terrorisme et peuvent donc être mises en avant comme réaction conciliante à ce phénomène. En conclusion, la justice restauratrice reste à considérer de par les nombreuses ressources et richesses que son idéologie apporte par rapport aux réactions "normales" face au terrorisme, qui reste, malgré tout, toujours une problématique obscure et peu connue.

Rejetons la voie de la violence, qui est le produit du nihilisme et du désespoir
(Kofi Annan)

 
     
 

Bibliographie

  1. Amstutz, Mark R. (2005), "Intractable Politics without Thruth or Forgiveness: The Case of Northern Ireland", The Healing of nations: The promise and Limits of political forgiveness, Oxford, Rowman and Littlefield Publishers, 164-186.
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  4. Cloke, Kenneth (2005), Mediating Evil, War, and Terrorism: The Politics of Conflict, Heart of Conflict: A Guide to Resolution, Transfromation, and Transcendence.
  5. Cooley, Denis (2002), La justice réparatrice au Canada: quelques renseignements, colloque: Practical Approaches to Appropriate Dispute Resolution, Ottawa.
  6. United States Department of State, Country Reports on Terrorism 2007 - Saudi Arabia, 30 April 2008. 
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