| 4. L’attentat, cause de la Première Guerre mondiale | ||||
| 4.1 Cause de la Guerre?
Suite à l’attentat, le 23 juillet, l’Autriche-Hongrie adresse un ultimatum à la Serbie. Le Double Empire entendait faire de la Serbie un protectorat. Pour Becker (2003), l’ultimatum était rédigé de façon à ce qu’il ne puisse être accepté en obligeant, entre autres, que toute propagande anti-autrichienne soit interdite et que des fonctionnaires austro-hongrois participent à la répression des mouvements « subversifs ». La Serbie avait quarante-huit heures pour donner sa réponse. Elle le fit en refusant une seule condition, celle d’avoir sur son territoire des fonctionnaires austro-hongrois. Ainsi, le 28 juillet l’Autriche déclare la guerre à la Serbie. Même si la Russie pouvait comprendre la réaction autrichienne, elle ne pouvait laisser la Serbie être soumise à l’Autriche et ainsi perdre ses intérêts dans les Balkans (Becker, 2003).
Ainsi, la guerre aurait probablement éclatée, toutefois l’attentat précipitera les évènements. Attentat qui n’aurait pas, de prime abord, causé l’émoi dans le monde européen (Becker, 2003). Toutefois, la réaction de l’Autriche surprendra et entraînera les évènements de la Première Guerre mondiale (Lejeune, 1992). Becker (2003) dira d’ailleurs que l’Autriche ne se doutait pas que la Russie puisse s’impliquer dans cette guerre qui lui semblait juste. Même si les termes de la « guerre au terrorisme » n’étaient pas employés à l’époque, le geste de l’Autriche-Hongrie à l’égard de la Serbie devait être perçu comme une « guerre préventive ». En effet, en voulant prouver l’implication du gouvernement Serbe dans l’organisation de l’attentat et en déclanchant une guerre à laquelle il ne croyait pas obtenir d’opposition, l’administration autrichienne devait croire en une intervention « légitime ». Nous avons déjà porté un regard critique sur le procès qui a suivi l’attentat. La légitimité de l’attaque de la Serbie demeure un sujet très contesté. L’inquiétude était-elle réelle? Cette même question fut posée à l’égard de l’action des États-Unis en Irak. Leur état d’inquiétude était présent, mais, avec le temps, les raisons à la base de cette crainte se sont effritées. C’est peut-être ce qui s’est produit dans l’administration autrichienne, mais, une fois la guerre entamée, il n’est pas facile de l’arrêter. |
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4.2 Héros ou terroriste?
Ainsi, Princip serait passé de héros à vilain. DeVoss aura rencontrer un descendant de la famille Princip qui lui dira : « People say he was a crazy terrorist, but Gavrilo was a school boy from an educated family […] My cousin was the liberator of the Slav people. ». Définir un acte comme étant un acte terroriste change à travers le temps mais aussi selon les individus, le lieu où ils se trouvent, etc. Un terroriste pour certains est un libérateur pour d’autres et une même personne peut être un libérateur qui devient un terroriste. Ce qui change c’est l’étiquette que l’on appose à l’évènement. Nous pourrions dire que Gavrilo sera passé de héros national, libérateur des Slaves, à un dangereux terroriste dans les consciences individuelles. L’acte qu’il aura commis demeure le même. Laurendeau (1990), montre cette même dichotomie au Québec avec le Front de Libération Nationale (FLQ). Pour certains analystes, il y a aurait eu trop peu de violence quand nous considérons que le Québec était colonisé économiquement, politiquement et menacé « d’extinction culturelle ». Pour d’autres, la violence était excessive si nous considérons le haut degré du niveau de vie et la liberté d’expression qui a cours au Québec. Encore une fois, le point de vue à l’égard des évènements diverge grandement dépendant de l’angle à partir duquel ils sont observés. Ainsi, Gavrilo peut être vu comme un libérateur des serbes de Bosnie opprimés par le Double Empire. Mais aussi comme un tueur qui enleva la vie à deux innocents, aux parents de trois enfants devenus orphelins. Il peut aussi être vu comme l’unificateur des Slaves du sud, ce qui sera perçu pendant un moment comme l’atteinte d’un idéal qui est aujourd’hui perçu comme la cause d’une guerre et des plus grandes atrocités menant à la division de ce même peuple. Héros ou terroriste, est-ce possible de trancher?
L’évaluation dépend de qui écrit l’histoire
et, le
danger, est que l’histoire devienne propagande. |
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| Conclusion |
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2002-2010, ERTA |