Les risques Parmi les explications variés du recours au terrorisme la thèse que les groupes extrémistes trouvent le terrorisme utile après l’échec des tentatives d’influence, en particulier l’inefficacité des moyens non-violents de lutte pour adresser les injustices sociales ou ethniques. Si l’on adopte ce point de vue, le pronostic du recours du Hizbullah au terrorisme semble négatif. Ayant voulu ces dernières années se distancier de son passé en limitant la lutte contre des cibles militaires et sa volonté de s’intégrer dans l’état à travers les élections, la confrontation en 2006 avec Israël et l’augmentation de la pression sur ses alliées et sponsors que sont l’Iran et la Syrie( qu’on a forcé de quitter le Liban aorès 30 ans d'occupation) semble assombrir le pronostic. A cela s’ajoute l’échec des tentatives non-violentes à travers les manifestations et les sit-in de changer la situation ainsi que l’assassinat de Mughnieh et la tension dans la région avec dans l’horizon la possibilité d’une autre confrontation avec Israël qui essaye à travers des manœuvres d’apprendre de sa défaite, pour nous confirmer le risque d’un retour à un modus operandi qui a prouvé son efficacité, du moins, jusqu’à date. Si le choix du terrorisme représente le résultat d’un processus d’apprentissage des expériences propres et celles des autres, alors, les succès du Parti de Dieu dans le passé en forçant le retrait des forces multinationales dans les années 80, le retrait d’Israël en 2000 et sa victoire en 2006, sont des indicateurs sur le retour possible au terrorisme. L’enjeu est énorme pour le Parti, pour le Liban mais aussi pour la région. La mise en pratique des définitions du terrorisme semble se heurter à une situation complexe que représente le Hizbullah. Né dans un contexte des plus compliqué, avec des aspirations de libération, d’égalité et de solidarité enrobés dans un contexte et une pratique religieuse, Le parti de Dieu a dû concilier entre ses principes et les besoins de ses sponsors. Convaincu de l’immoralité de ses adversaires, il sacrifia lui-même parfois sa moralité pour payer ses dettes. Dans son évolution, son agenda s’est heurté à l’Autre qui est le partenaire peu fiable ou le sponsor avec moins d’ambition. Face à cette situation, le danger réside à deux niveaux :
Les ingrédients d’un scénario pessimiste sont là :
Selon certains analystes, la riposte contre l’assassinat de Mughnieh se limitera à un attentat contre Israël conformément aux orientations prises depuis des années par le Hizbullah. Si tel est le cas, l’effet se limitera à un jeu de pointage avec un avantage pour Israël dans l’attente d’une riposte. Bien que la situation puisse dégénérer, le risque pour le terrorisme transnational se limitera à des objectifs par nature exposés et qu’on doit protéger.Le passé récent malheureusement ne coïncide pas avec cette tendance. Les événements de la confrontation en 2006 semblaient faire partie des règles du jeu mais le résultat fut différent. Est-ce que les parties ont appris à s’adapter aux nouvelles règles? Et si l’assassinat de Mughnieh ne faisait pas partie de ces nouvelles règles? La riposte ne risque pas d’entraîner la région dans un engrenage? La vague des attentas en France dans les années 80 est un exemple, ainsi que les attentats de Madrid et de Londres. Faire face simultanément au terrorisme shiite et sunnite semble une lourde tâche. Plus que jamais le besoin est pour une considération dynamique du terrorisme qui inclue la vision des acteurs autant que l’histoire et le présent des actes des cibles ou victimes. |
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2002-2010, ERTA |