| THÉORIES |
Pour Wilkinson, les explications du terrorisme doivent se concentrer sur le contexte social des idéologies et croyances du terroriste. Il faut explorer les motivations politiques des terroristes et les relier au contexte politique, historique et culturel unique, ainsi que l’idéologie et les objectifs des groupes impliqués. Afin de comprendre les motivations de Mughnieh et indirectement de Hizbullah un bref aperçu de quelques théories. Les motivations Pour Dollard et al, le comportement agressif prend toujours origine dans la frustration. Or, dans le cas de Mughnieh, la frustration ne fut pas directe ou au moins plus prononcée que ses semblables. Selon Galtung, la situation qui pourrait provoquer le comportement agressif est celle ou l’individu se trouve dans un état de déséquilibre parmi les dimensions sociopolitiques variées du statut. Or, cette explication pourrait s’appliquer en partie à Mughnieh surtout avec l’effondrement de l’État et du système de valeur et une stigmatisation de la situation désavantageuse de sa confession. Davis complète l’idée dans le sens que la probabilité d’un conflit violent est plus élevé quand les améliorations économiques ou politiques augmentent les expectations individuelles pour être suivi plus tard par une détérioration générale, réduisant la possibilité de satisfaire les besoins et les expectations. Dans le cas de Mughnieh, le fait de s’allier à l’OLP, donc l’espoir de libérer la Palestine ou de moins de combattre Israël et, en même temps, l’espoir de changer le régime politique libanais, considéré comme oppressant et injuste envers une confession, ces espoirs, se sont effondrés avec l’invasion israélienne de 1982, ce qui peut expliquer la disposition de Mughnieh à commettre les attentats terroristes. Le lien Privation-Frustration-Agression peut expliquer la motivation de Mughnieh de participer à une violence civile collective, surtout que la privation peut être relatif, dans le sens qu’un groupe social peut être plus affecté que la population en générale. Lai trouve dans une analyse quantitative mesurant le terrorisme transnational de 1967 à 1977, dans un sens qui peut appuyer les explications de Davis, que l’inégalité politique d’un groupe minoritaire dans un état peut déterminer les risques terroristes auxquels cet état serait confrontés. En autre sens, plus les inégalités sont élevées, plus la probabilité du terrorisme est grande. Toujours dans le même sens, Senechal de la Roche a proposé que le terrorisme a plus de chance d’avoir lieu dans des conditions de distance sociale ou de polarisation sociale entre perpétués et victimes, incluant un degré élevé de distance relationnel et culturel, d’inégalité et d’indépendance fonctionnelle. Mêmes si ces idées semblent expliquer en partie la motivation de Mughnieh, son parcours semble se compliquer pour dépasser le cadre classique d’un terrorisme de groupe pour entrer dans la scène plus compliquée de terrorisme d’État, et de conflits entre états. avec comme symbole éloquent, la participation d’un ministre des affaires étrangères à ses obsèques et vouloir l’honorer par des timbres. Hizbullah Hizbullah est un mouvement politique et religieux né dans les années 80. Il a développé ses capacités de guérilla dans les années 90 et, est devenu, avec le nouveau millénaire, un joueur stratégique important au Moyen Orient capable d’influencer sur la paix ou la guerre dans la région. Le chercheur Joseph Alagha rappelle que “c'est en 1978, de retour de Najaf (Irak), deuxième hémisphère de la pensée religieuse shiite avec Qom (Iran), qu'Abbas al Musawi établie des séminaires religieux dans la région de la Beqaa. Dans le même temps s'agrège autour d'Akbar Muhtashami, ambassadeur d'Iran à Damas (qui fait régulièrement des voyages dans les zones libanaises à majorité chiites) un noyau d'activistes qui deviendront les cadres du futur Hezbollah”. Au premier rang desquels le terroriste Imad Moughniyeh. Au niveau organisationnel. Il a évolué d’un groupe paravent mystérieux obéissant à Khomeiny vers une organisation disciplinée obéissante à son chef charismatique Hassan Nassrallh. Pour Ely Karmon, le Hizbullah a continué l’utilisation du terrorisme international comme moyen stratégique pour atteindre ses objectifs. Il voit le terrorisme comme une stratégie militaire légitime mais surtout comme un devoir religieux dans le djihad global. Il se considère comme la tête de lance du mouvement islamique mondial avec l’obligation de donner l’exemple et d’encourager les groupes les plus faibles dans la lutte politique et culturelle contre l’Ouest. La portée de ses activités s’étend au-delà des frontières libanaises selon les soupçons de son implication dans plusieurs attentats en Europe et en Amérique du Sud. Ses liens avec l’opposition irakienne ont émergés après la guerre allant jusqu’à une présence directe sans jouer un rôle dans les attaques contre la coalition, mais cela pourrait changer si l’Iran ou la Syrie pensent qu’ils sont menacés. Le Hizbullah est même préparé à l’éventualité d’être sacrifié par ses sponsors suite aux pressions exercées par les États-Unis en menaçant d’une explosion sans précédant dans la région si on tentera son désarmement par la force. Si dans les années 90, suite à plusieurs changements, il était moins actif dans le terrorisme international contre les États-Unis, il continua ses efforts à développer une infrastructure sur le sol américains. L’Iran a assuré au parti de Dieu la légitimité idéologique, un support politique, financier et militaire mais c’est le support syrien qui lui a permit d’atteindre ce statut quasi étatique. Le Hizbullah détient une arme de dernier recourt dans son arsenal qui est l’activation des infrastructures dormantes à l’extérieur suivi par le retour vers le terrorisme international en alliance avec Al Quaida. La longue portée du parti, son histoire et le potentiel de joindre Al Quaida font de lui une menace à la paix au Moyen Orient. Peu après l’élimination d’Imad Mougnieh, le chef du Hezbollah avait promis que le Liban lancerait des représailles contre l’Etat hébreu, affirmant que "le sang de ce martyr contribuerait à la mort d’Israël". |
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