Imad Mughnieh, sa vie, sa mort |
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Imad Fayez Mughnieh, né le 7 décembre 1962 au Liban était selon Robert Baer le chef du Jihad islamique, responsable d'un grand nombre d'attentats dans les années 1980. Le contexte dans lequel il a évolué est des plus difficiles à expliquer. Durant la guerre froide, au centre du conflit Israélo-palestinien s’étendant vers un conflit Israélo-arabe et parfois Arabo-arabe, dans une guerre civile ravageant un pays multiconfessionnel et suite à la révolution islamique de Khomeiny, Mughnieh a joué son rôle. Du sud du Liban, lieu de confrontations entre les palestiniens et les israéliens ayant causées plusieurs victimes dont, la souveraineté de l’état libanais, il fit son premier choix, aux côtés des opprimés, selon l’opinion publique arabe du moment, les palestiniens. Lui, le shiite venant d’une confession se décrivant comme telle dans la structure libanaise complexe, essayait de s’impliquer. Les fidayîn du l’OLP n’étaient pas pour plusieurs des terroristes mais des résistants, des révolutionnaires, face à un ennemi très puissant et démonisé. Les informations sur le militant, décrit par le journaliste Robin Wright comme un « maître terroriste » et, soupçonné d’avoir tué le plus d’américains avant le 11 septembre ainsi que d’avoir éliminé la présence américaine au Liban dans les années 80, sont limitées. Élevé dans une famille pauvre au sud du Liban, dès son adolescence, il attira l’attention des militants palestiniens installés près de Tyr après sa création des « brigades des étudiants » un groupe d’une centaine de jeunes au milieu des années 70 et fut incorporé dans la « force 17 », groupe d’élite de Yasser Arafat pour devenir par la suite un de ses gardes corps. Des informations parlent qu'Arafat lui a confié la mission de coordination avec la révolution islamique naissante en Iran. Le fait qu’il soit chiite alors que probablement l’entourage d’Arafat est composé de sunnites pourrait valider cette version . Après le départ des palestiniens en 1982 suite à l’invasion israélienne, il adhère au mouvement Amal fondé par l’Imam Moussa Sadr pour ensuite quitter le mouvement avec plusieurs et la formation du Jihad islamique (noyau de Hizbullah qui était encore à ses débuts et ne portera ce nom qu’en 1985), en même temps que le leader actuel Nassrallah.
À cause de sa relation avec Cheikh Fadlallah, considéré comme le leader spirituel du parti, il fut assigné la responsabilité des renseignements militaires de l’organisation. Il était derrière l’établissement de l’appareil militaire du parti appelé Jihad Islamique en charge de bâtir la capacité militaire de l’organisation et de la préparer aux urgences ainsi que la responsabilités des activités terroristes au Liban et ailleurs. La période suivant l’invasion israélienne fut parmi les plus violentes au Liban. Le refus de l’occupation et de la force multinationale venue en aide au président nouvellement élu Amine Gemayel créera une forme d’alliance entre les syriens, les iraniens et les factions libanaises dont Amal et le Jihad islamique. C’est durant cette période que Mughnieh organisera les événements déterminants. Il fut un précurseur des attentats contre les États-Unis sous le titre de l’Islam et dans l’usage d’attaques suicide simultanées. Pour le chef actuel du Hizbullah, Hassan Nassrallah, dans une entrevue en 2003, ces allégations ne veulent pas dire la vérité tant qu’on ne peut pas les prouver, laissant un flou sur le rôle et même l’appartenance de Mughnieh au parti de Dieu.
Son rôle A part ses liens avec le Hizbullah et la croyance qu’il était son chef des opérations externes, il collaborait de près avec l’Iran. Il se déplaçait entre l’Iran, la Syrie (il a accompagné le président iranien Ahmadinajad et a rencontré Bachar Al Assad en 2006), l’Irak (pour entraîner l’armée du Mehdi de Moqtada El Sadr), et Beyrouth.Malgré ce profil impressionnant, Mughnieh a réussi à rester hors de portée de ses détracteurs. La liste des attentats attribués à Mughnieh est longue. mais ses débuts furent par l'attentat-suicide contre l'ambassade des États-Unis à Beyrouth le 18 avril 1983, (Cet attentat a eu lieu durant une réunion des responsables du CIA au moyen orient, causant par leurs morts un coup dur pour la collecte des renseignements) les attentats-suicide du 23 octobre 1983 contre les casernements américain et français à Beyrouth, causant la mort de plus de 350 personnes
et le détournement du vol TWA 847 en 1985 et le meurtre de Robert Stethem,
ainsi que l’enlèvement d’une douzaine d’étrangers durant cette période dont terry Waite.
Il est soupçonné d’avoir jouer un rôle dans les attentats qui ont frappés Paris en 1985. Il est également recherché pour son rôle dans les attaques contre l’ambassade israélienne en Argentine en 1992. Il a été lié également à l’explosion des tours Khobar en Arabie Saoudite en 1996.
Il est soupçonné également d’avoir enlevé trois soldats israéliens en 2000 ainsi que les événements à l’origine du conflit entre le Liban et Israël en 2006. Pour Baer, un ancien officier du CIA, Mughnieh était un tueur qui croyait mener unne guerre anti-coloniale. Il était un soldat discipliné dans une guerre qui pouvait être géré contrairement à AL Quaida qui est complètement ingérable. Sa mort Selon le quotidien koweitien Al-Qabas dans son édition du 18 février 2008, l’assassinat a été préparé et exécuté par des agents du Mossad, en remplacant le siège de sa voiture en introduisant une charge explosive de forte intensité. L’attentat s’est produit à 22h33, a proximité d’une cérémonie organisée par l’ambassade iranienne à Damas, à l’occasion du 29ème anniversaire de la révolution khomeyniste. Sa présence dans la capitale syrienne embarasse le gouvernement de Bachar Al Assad puisqu'il était l'bjet de mandats d’arrêt d’Interpol suite à deux attentats et les syriens ont nié sa présence sur le sol syrien. Si les uns considéraient Mughnieh comme un héros, personne ne voulait adopter ses accomplissements. Pour le Hizbullah, même s’il reconnaît le rôle de Mughnieh comme résistant, il essayait de garder une distance sous le prétexte que les actes commis attribués à Mughnieh se sont produits en majorité avant la création officielle du Parti de Dieu. En plus, le Parti avançait que les allégations ne constituent pas de faits. Or, cette tendance ayant atteint le niveau de nier toute relation actuelle avec Mughnieh dans une entrevue donnée il y a quelques années par Nassrallah a pris une nouvelle orientation complètement opposée allant jusqu’à déclarer une guerre ouverte et prédire que le sang de Mughnieh effacera Israël de l’existence. Pour quelqu’un qui a toujours vécu dans l’ombre, avoir le ministre des affaires étrangères iraniennes à ses funérailles constitue une sorte de reconnaissance surtout que les morts ne parlent pas. |
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