SECTION 3: théories et criminologie

Plusieurs théories du terrorisme (cours 11) permettent d'expliquer ou du moins tenter de comprendre les phénomènes. Je vais donc tenter ici de relier la situation de l'École Talmud Torah United à ces différentes façons de voir.

1. Les théories étiologiques:
Tout d'abord au niveau étiologique (comment expliquer un phénomène à l'aide de relation causale), on peut se demander si l'acte terroriste en cause ici se situe au niveau "micro" ou "macro". Pour être au niveau "micro" il doit tenter d'expliquer l'action des individus tandis qu'au niveau "macro" il doit expliquer les phénomènes sociaux. Et à ce niveau "Il faut se rappeler que cette théorie se veut macroscopique — il n’est donc pas particulièrement utile d’identifier des exceptions individuelles" (Stéphane Leman-Langlois, H-2008). Donc concernant le "macro" on peut laisser l'idée de côté. Cependant si on ce concentre au niveau "micro" que peut-on retenir? Je crois que la théorie de l'étiquetage de Frank Tannenbaum pourrait peut-être s'appliquer ici en partie, lorsqu'il est dit que le terroriste peut s'identifier à un groupe ethnique (ici Sleiman El Merhebi s'identifie à ses origines libanaises) se sentant exclu et ciblé. On parlera alors d'étiquetage par proximité.

Mais un autre point de vue est fort intéressant. À l'opposé de ce qui est énoncé précédemment, il y a les théories du conflit, qui veulent démontrer que le conflit est à la base du social. Donc que ce qui se produit comme phénomène(s) est la résultante de conflits. Sellin aborde en partie la question et c'est là que ça devient intéressant, lorsqu'il "a étudié les groupes d’immigrants aux ÉU. Selon lui les enfants des immigrants (2e génération) ont des difficultés extrêmes d’identification; ils sont ballottés entre deux systèmes de valeurs assez différents, développent une sorte de conflit culturel interne, et ont du mal à s’intégrer et à comprendre comment ils doivent se comporter" (Stéphane Leman-Langlois, H-2008) . Alors peut-on se baser sur cette étude afin de conclure que Sleiman El Merhebi était un jeune homme ayant eu des difficultés d'adaptation à certains niveaux? Pourtant le rapport du psychiatre stipule qu'il s'est bien intégré, malgré quelques difficultés comportementales. Mais n'est-ce pas là ce qui nous intéresse?


2. Les théories de la réaction sociales et du contrôle du crime:
Ici on considère la façon dont l'individu réagit aux phénomènes définis comme des crimes.
La théorie qui a le plus retenue mon attention est celle "du choix rationnel". Bentham propose un principe de base selon lequel toute action est jugée rationnelle si elle permet une certaine satisfaction du besoin exprimé: "Selon Bentham toute activité humaine consiste à minimiser la douleur et maximiser le bonheur. La criminalité ne diffère en rien des autres activités qu’une personne peut choisir : c’est simplement un moyen d’obtenir un bénéfice personnel. On peut aisément concevoir le terrorisme comme la recherche de pouvoir politique" (Stéphane Leman-Langlois, H-2008). Dans le cas qui nous intéresse cela est probablement plausible. Sleiman El Merhebi a lui-même avoué lors de son procès qu'il a commis un acte qui ne lui ressemble pas, qu'il n'est pas en mesure d'expliquer. Il va même jusqu'à dire que la signature laissée au bas du trac "Les Brigades du Cheik Ahmed Yassine" est en fait une fausse, parce que cette brigade n'existe pas. Mais ce qu'il voulait en fait c'est le retour au calme pour le Moyen-Orient. Il n'avait que ce but en tête. Mais avec une façon, disons-le, plutôt extrémiste de s'exprimer.

retour à l'introduction
   
 
2002-2011, ERTA