SECTION 2

1. Le trac et l'acte:
Tel que stipuler dans le jugement et tel que discuté avec une source anonyme, le but de laisser un trac se voulait une confirmation de l'acte, jugé au tribunal comme étant un acte terroriste. L'idée derrière le geste était d'intimider et de semer la terreur chez la communauté juïve. De plus, les faits aggravants ne sont pas à négliger, puisqu'ils annoncent la préméditation de l'acte, la fabrication d'alibi, l'utilisation d'une bombe incendiaire causant des dommages et s'attaquant à des enfants, la gravité de l'infraction et enfin, le fameux trac. C'est en fait ce qui fait dire au Juge et à ma source anonyme que cela était suffisant pour déclarer cet acte d'acte terroriste. En ce sens où il y a annonce de gradation, de possibilité de récidive en donnant suite à une éventuelle riposte. À mon avis cela cadre bien puisque, même s'il n'existe pas de réelle définition du terrorisme (ressources 1 et 2), plusieurs auteurs s'entendent pour rassembler des points communs qui en font son appellation. On a qu'à penser à:

l'objectif politique du geste
la violence, la menace que cela comprend
fait contre une personne
avec une notion de peur, incluant un message, une communication
qui est un crime
avec une certaine préméditation
dans le but de troubler l'ordre public

Dans un autre ordre d'idée nous avons vu au cours 1 que le discours dominant sur le terrorisme (dans la culture populaire) comporte 9 aspects importants, dont certains peuvent être reliés à notre sujet. On pense ici à: la gravité de l'acte, la menace constante, l'ethnicité, la sécurité (atteinte) et l'abstraction. Ce dernier voulant dire qu'un individu commet un acte terroriste, semant la terreur et voulant faire le mal. Ces propos ont été rapportés presque tels quels par le Juge. Murray Edelman (1964-voir site USDS) parle d'avertissement et du danger imminent.


2. Types de terrorisme:

Au cours 3 nous avons vu que Schmid et Graaf présentent les types de terrorisme comme suit:

Source: Le terrorisme, par Jean-Michel Tessier-Jasmin (2006)

Alors à quel type de terrorisme correspond notre sujet? On peut s'interroger un moment. Je dirais le type numéro 1; politique, parce qu'il s'intéresse particulièrement à du terrorisme fait dans un but politique et non dans une intention criminelle comme le veut le type 2, mais également de façon purement individuelle, comme le veut le type 3; idiosyncrasie. Ne serait-ce que pour le côté psychologique de l'individu (en l'occurence Sleiman El Merhebi). Alors peut-on l'associer à deux types? Rien ne nous en empêche... Continuons notre réflexion.

Nous avons également vu les "les typologies les plus utiles sont celles qui se basent sur les objectifs visés par les actes. On pourrait les résumer de la manière suivante (cours 3)":

Tableau: types de terrorisme selon les objectifs ultimes

type

révolutionnaire

Réactionnaire (anti-révolutionnaire)

séparatiste

spécifique

étatique

cible

L’État et ses institutions

ceux qui sont perçus comme menaçant l’État

l’État et ses institutions

variées, selon la justification

les citoyens

objectif

transformation profonde de la société

protéger le statut quo, seconder l’État

produire l’indépendance d’une région

transformation spécifique de la société

protection du pouvoir établi

exemples

Sentier lumineux
FLN (Algérie)

Escadron de la mort
UVF/UDA
OAS (Algérie/ France)

FLQ
ETA
IRA
OLP

droits des animaux
environnement
avortement

États oppressifs
Exceptions au
droit
(Guantanamo, M. Arar)

ressemble à

guérilla
guerre civile
crime organisé
émeutes

vigilitantisme
vengeance
criminalité

guérilla
guerre civile
crime organisé
émeutes

criminalité
manifestations
émeutes

corruption
cr. c. l’humanité
crime de guerre

Cette fois-ci, à quelle type notre sujet est-il associé? C'est encore difficile! Pourquoi? Je crois que cela est compliqué à "imbriquer" puisque dans le cas de notre sujet il s'agit d'un acte isolé et non d'actes répétitifs. Pouvons parler de guérilla? Pas quand on est seulement 2-3 personnes et qu'en plus il faut être bien organisé. Dans ce cas-ci Sleiman El Merhebi a laissé des traces, ce qui a permis aux policiers de le retrouver. Parle-t-on alors de vengeance, de militantisme? Je ne crois pas, parce que le but n'était pas de protéger l'État ni de garder le statut quo. On dirait qu'on se rapproche de la catégorie "spécifique", parce que ce qui était visé par Sleiman El Merhebi était de faire cesser la situation flècheau Moyen-Orient. Le problème est qu'il a ramené ici, dans sa terre d'accueil, la situation politique de son pays d'origine. Est-ce que son but ultime était de créer un précédent, voulant rallier le plus de gens possible à sa cause et ainsi faire réagir les dirigeants? Nous avons vu que cela fait parti de ce qu'on appelle au Canada le "terrorisme d'intérieur". Alex Schmid et Albert Jongman (1988) le mentionne dans leur texte en disant que cela est difficile d'expliquer ce qui se passe dans la tête d'une seule personne. Tandis qu'une analyse sociologique d'un groupe s'avère plus facile. Ils croient qu'une partie de l'explication de ce qui pousse un individu à commettre de tels actes relève plutôt du domaine de la psychologie.

 

 

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