| Le G.S.P.C. : Menace pour l'Europe? | ||||||||||||||||||||||
1-Le G.S.P.C. : « Le groupe armé islamique le mieux organisé au Maghreb » : |
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| Historique :
Cette dissidence engendra une vague de violence au sein du G.I.A, l’un de ses fondateurs, Abou Talha Al-Djamoubi, fut abattu le 23 aout par des hommes d’Hassan Hattab. En avril 1999, Hattab est remplacé à la tête du G.S.P.C. par Abou Massad (alias Abdelmadjid), celui-ci sera éliminé au bout de deux mois, remettant ainsi Hassan Hattab à la tête de l’organisation. Suite à la disparition de l’organisation du G.I.A. par les forces de sécurité algériennes et les services secrets français, le G.S.P.C. récupérera de nombreux réseaux et Katibats (sections actives) du G .I.A. Les structures du G.S.P.C. restent pendant un long moment instables, changeant rapidement ; Plusieurs Katibats connaitront des dirigeants différents tels que le groupe sunnite pour la prédication et le combat (G.S.P.D.).
Le 17 janvier 2006, l’un des fondateurs du G.S.P.C., Ahmed Zarabib est tué au cours d’un affrontement contre l’armée algérienne prés de la commune de Toudja (en Kabylie, à l’est d’Alger). À ce jour, le dirigeant actuel du G.S.P.C. est Abdelmalek Droukdel, alias Abou Moussab Abdel Wadoud. En septembre 2006, le G.S.P.C. déclare officiellement son alliance à la nébuleuse Al Qaeda dans un communiqué de Al Zawahiri. Le 24 janvier 2007, le groupe change de nom sur « ordre de Bel Laden » pour devenir Al Qaeda au pays du Maghreb islamique, montrant ainsi la proximité du groupe salafiste avec le djihadisme international. Le G.S.P.C. fait parti de la liste des mouvements terroristes du secrétariat d’Etat américain depuis 2002. |
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Structure du G.S.P.C. : Le G.S.P.C. serait le groupe armé islamique le mieux organisé en Algérie et au Maghreb. Il compterait de 500 à 800 membres provenant pour beaucoup de l’armée algérienne (notamment « El Para » qui fut un parachutiste de l’armée algérienne). Le groupe est structuré en bataillons (jounds), sections (Katibats) et phalanges (Seriats).
Il existe plusieurs Katibats dite « indépendantes », ne faisant pas partie d’un bataillon, notamment les deux Katibats du nord du Mali, dont l’une se nomme « Jound Allah » (soldat de Dieu), celles-ci seraient rentrées en guerre contre les Touaregs de l’Alliance et Démocratie (mouvement fédérateur des populations du nord du Mali concernant l’application des accords ayant mis fin aux rébellions Touaregs des années 1990). Ces Katibats chercheraient notamment à fédérer les combattants islamistes du Sahel et créer une base arrière au G.S.P.C.
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Zones et capacités opérationnelles : Le quartier général du G.S.P.C. se situe en Kabylie, région montagneuse au nord de l’Algérie et à l’est de la capitale. Ses principaux attentats se situent dans cette zone et sont notamment dirigés contre les forces de l’ordre algériennes. Ceci n’empêche pas à la population civile d’être souvent touchée par les attentats. Des attentats sont aussi perpétrés dans la région de Skikda, à l’est de la Kabylie, ceci dans le but de déplacer les efforts des forces de l’ordre. La zone d’activité primaire du groupe est donc le Nord-est de l’Algérie. Ces opérations sont en général financées par l’extorsion, mais aussi par des activités plus discrètes telles que les investissements immobiliers ou des trafics tels que la contrebande de cigarettes, de drogue dans la région saharienne avec le Mali et le Niger. Ces trafics permettent aussi l’approvisionnement logistique du groupe. En Europe, des employés de l’organisation pratiquent le vol de voitures mais aussi la contrefaçon de documents. Des kidnappings avec demande de rançon sont aussi parfois employés. Le G.S.P.C. posséderait, en plus d’Al Qaeda, des liens avec la communauté islamique de la Grande Bretagne. Le GSPC s'est associé au «Front islamique mondial du djihad contre les croisés et les juifs», créé par Aïman al-Zawahiri (numéro 2 d’Al Qaeda). |
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Des opérations meurtrières : Depuis le mois d’octobre 2006 et surtout après le rattachement du G .S.P.C. à Al Qaeda, officialisé par Al Zawahiri le 11 septembre 2006, ce groupe terroriste connaît un important regain d’activité en Algérie et dans les pays du Maghreb en général :
L’apparition de ce groupe salafiste en Tunisie, ordinairement un pays réputé calme sur le plan de groupe terroriste a surpris beaucoup de monde et tendrait vers une réorganisation du djihad international en Afrique du nord et une pression du G.S.P.C à fédérer les groupes salafistes et djihadistes au Maghreb.
Ces attentats ont été fortement condamnés par la communauté internationale dont les Etats-Unis, l’Union européenne, le secrétaire général de la ligue arabe Amr Moussa et ainsi que le secrétaire général de l’ONU Ban ki-Moon. Enfin, selon Jean-Luc Marret, collaborateur à la fondation pour la recherche stratégique, Al-Qaeda au Maghreb serait aussi très actif en Irak où de nombreux attentats seraient perpétrés par des salafistes-djihadistes algériens. Ce groupe serait aussi actif au Darfour. L’activité du groupe est aussi visible au nord du Mali, notamment avec les deux Katibats du nord du Mali rendant la situation dans le secteur explosive. Celles-ci chercheraient à fédérer les combattants des pays voisins, organiseraient des formations d’initiation aux Kalachnikovs et aux explosifs artisanaux pour des volontaires étrangers (notamment pour les envoyer par la suite en Irak). Les Touaregs de l’Alliance et Démocratie seraient entrés en guerre contre ces deux Katibats, et donc contre le G.S.P.C., celui-ci aurait pour alliés les arabes bérabides qui sont des partenaires pour des trafics. Ces Katibats seraient aujourd’hui dirigées par Mokhtar Bel Mokhtar. Ce que nous pouvons retenir, c’est que le G.S.P.C. connaît un important regain d’activité principalement en Algérie, autour de la capitale Alger dans la région de Kabylie. Son activité dépasse les frontières pour devenir transnationale dans le cas du Maroc et de la Tunisie, voire internationale pour le cas du Darfour et de L’Irak. |
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Des efforts de médiatisation de plus en plus conséquents : Le groupe s’est mis à prendre position sur des sujets internationaux, notamment sur la situation en Tchétchénie, en Irak, au Darfour, ainsi que sur le Liban et l’Afghanistan. Il cherche ainsi à se placer sous la bannière d’Al Qaeda en adoptant le même discours. Celui-ci a crée depuis janvier 2006 une liste de diffusion régulière fournissant le relevé des différentes opérations réalisées, ses communiqués de revendication ainsi que des documents officiels audios et vidéos montrant des opérations terroristes. Cette liste, au début mensuelle, est rapidement devenue hebdomadaire. Un signe que ce groupe terroriste fait maintenant partie des groupes djihadistes reconnus à l’échelle du monde musulman est que ses listes de diffusion sont reprises intégralement par les autres listes de diffusion islamistes.
Un site complet et régulièrement à jour est crée en janvier 2006, bien que celui-ci soit souvent la cible des services de sécurité, il connaît une très forte affluence (Quatre-vingt-cinq mille visiteurs selon le compteur du site en septembre 2006, soit une moyenne de 10 000 par mois). Le groupe manifeste aussi une radicalisation de son discours glissant de plus en plus du salafisme au djihadisme, prônant le martyre. Imitant Al Qaeda en Irak, le groupe a mis sur pied un comité de médias (lajna I’lamayya) afin de filmer ses actions. Autant la première vidéo mise en ligne fut un échec médiatique (celle-ci ne montrait qu’un commandant en train de faire un compte rendu des opérations de la nuit, elle fut jugée très négativement par les internautes) autant la deuxième montre des progrès conséquents, filmant pendant une heure et demie des actions spectaculaires du groupe terroriste sur le territoire de l’Algérie. On peut alors noter que les morts aux combats sont de plus en plus glorifiés, tendant ainsi la propagande médiatique vers une forme de terrorisme suicidaire. Des aveux filmés ainsi que des exécutions sanguinaires sont ainsi montrés dénotant une véritable radicalisation de l’idéologie du groupe. Une nouvelle vidéo fut aussi mise en ligne le 10 décembre 2006 montrant l’attaque du bus transportant des employés du sous-traitant de l’entreprise Haliburton qui fit un mort et neuf blessés. Ces vidéos montrent aussi l’accent mis sur le caractère international nouvellement adopté par le groupe où l’on peut voir des combattants qui seraient d’origines mauritaniennes, tunisiennes, marocaines et libyennes fraternisant ensemble. Le 11 septembre 2006, Al-Zawahiri, numéro 2 de la nébuleuse Al-Qaeda annonce le ralliement du G.S.P.C. à cette mouvance : Le GSPC aurait alors prêté allégeance à ben Laden, et lui promettrait que ses soldats seraient à ses ordres pour aller«frapper qui il voudra et partout où il voudra». Dans ce communiqué, Al-Zawahiri indique que ce groupe sera « l’os dans la gorge des croisés américains et français» et « le bras armé d’Al Qaeda pour frapper la France ». Enfin, le 24 janvier 2007, le groupe annonce dans un communiqué que sur ordre de Ben Laden, il changeait de nom passant de G.S.P.C. à Al Qaeda au pays du Maghreb islamique. |
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Conclusion : Il est indéniable que ce groupe terroriste connaît un regain d’activité important notamment en Algérie où celui-ci a réalisé plusieurs opérations particulièrement meurtrières autour de la capitale Alger, et notamment les attentats du 11 avril 2007, à un niveau encore jamais atteint par l’organisation terroriste. C’est en effet la première fois que cette l’organisation a causé autant de morts et de blessés en une seule série d’attentats. C’est aussi la première fois que des Kamikazes sont employés montrant une radicalisation de l’idéologie et une augmentation de la puissance des attaques. Des ramifications peuvent être aussi vues au Maroc et en Tunisie. Ce groupe s’attaque maintenant à des cibles internationales telles que des employés étrangers de multinationales importantes. Les Katibats situées au nord du Mali connaissent aussi une forte activité essayant de fédérer les groupes et combattants islamistes du Maghreb. Le groupe essaie de se donner une dimension internationale par des efforts de médiatisation, de devenir une figure de ralliement dans les pays du Maghreb et cela par une allégeance à la nébuleuse Al Qaeda, dont l’impact symbolique est important. Ce groupe est-il alors devenu une menace imminente pour les pays européens ? Est-il devenu un groupe fédérateur au Maghreb à tel point que celui-ci serait vu comme « la menace prioritaire » pour les services de renseignements et de sécurité français. Ou bien ce regain d’activité signifie t-il une tentative pour sauver un groupe terroriste en position de faiblesse des attaques des services de sécurité algériens et français ? |
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Références électroniques :
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2002-2008, ERTA
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