L'approche théorique du terrorisme criminologie et science politique |
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Introduction Dire que le terrorisme est un sujet d’étude populaire depuis les attentats terroristes du 11 septembre 2001 est presque une évidence. Cela se mesure d’ailleurs au nombre de publications dévolues au sujet qui ont été mises sur le marché. Yonah Alexander (2002), spécialiste de la question terroriste, a effectué une recension sur le nombre de livres paru sur le thème du terrorisme dans l’année suivant les attentats terroristes de New York et de Washington : les résultats de son étude démontrent que pas moins de deux livres par semaine étaient parus. Évidemment, une telle productivité littéraire n’est certainement pas égale en qualité. Bon nombre de ces études demeurent factuelles, abordent la question en surface et ne touchent pas au phénomène d’une manière « scientifique ». Et, même les études qui se veulent « scientifiques » souffrent de grandes lacunes. Ces insuffisances sont issues de problèmes fondamentaux dans les techniques de recherche sur le terrorisme, soit un manque flagrant de méthodologie et une difficulté à trouver des cadres théoriques pertinents pour analyser le phénomène. Pourtant, ce n’est pas tant le manque d’intérêt par rapport à la question terroriste qui est en cause. Il existe deux revues scientifiques dévolues au thème, – Studies in Conflict and Terrorism et Studies in Terrorism and Political Violence – sans prendre en considération les articles « scientifiques » publiés dans les revues abordant les questions de sécurité – la revue International Security par exemple – ou encore les revues se consacrant aux politiques étrangères – dont Foreign Affairs est le prototype. Non pas que l’étude du terrorisme soit cantonnée dans une vision unique : le sujet est étudié par des spécialistes provenant de diverses disciplines comme la science politique, les relations internationales, la criminologie, la psychologie, l’histoire, la théologie, la psychiatrie, etc. En fait, il s’agit plutôt d’un manque de cohérence de la recherche. Peu de recherches se basent sur des instruments théoriques pour alimenter les connaissances sur le terrorisme. Dans la même veine, peu d’études sont construites dans le but de faire émerger des postulats théoriques. Dans ce texte nous proposons d’aborder le terrorisme d’un point de vue théorique. Pour ce faire, nous nous pencherons sur deux champs d’étude qui, selon nous, sont pertinents pour la compréhension du terrorisme, soit la criminologie et les relations internationales. Notre objectif est le suivant : identifier les théories qui sont les plus pertinentes pour cerner la problématique terroriste. Évidemment, nous n’aurons pas le temps ni l’espace pour effectuer une analyse en profondeur des théories présentées; il s’agira donc de faire un survol en tentant d’expliquer leur pertinence dans l’étude du terrorisme. De plus, nous ne tenterons pas non plus de hiérarchiser les théories en fonction de leur utilité. Il s’agira plus simplement de fournir des pistes de recherche sur la capacité des théories existantes de saisir le phénomène terroriste. En ce sens, cette recherche se veut exploratoire. |
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Conclusion Si l’objectif de ce texte était de faire une analyse fonctionnaliste de théories se trouvant dans deux disciplines, soit la science politique et la criminologie, dans le cadre de l’étude du terrorisme, notre réflexion a également débordé le cadre théorique pour aborder la question des problèmes de recherche dans l’étude du terrorisme. Come nous avons pu le constater, il y a des problèmes flagrants dans la façon de traiter le thème et l’anémie des travaux théoriques en est un. Au-delà des difficultés inhérentes aux recherches sur le terrorisme, nous avons positionné le sujet au travers la lunette de deux disciplines qui touchent au sujet, soit la science politique et la criminologie. Cela nous a permis de constater qu’il y a des différences énormes dans (1) l’importance accordée au sujet du terrorisme dans les recherches – le nombre de recherches effectuées en science politique sur le terrorisme dépasse largement celui fait en criminologie – et (2) la façon d’aborder la problématique. Si en science politique le terrorisme est vu comme une forme de guerre irrégulière, en criminologie on l’aborde comme étant une forme de crime politique. Évidemment, comme nous avons pu le voir, les théories présentes dans des disciplines classiques peuvent apporter certains éclairages intéressants à la problématique. Elles souffrent néanmoins du fait qu’elles n’apportent que des explications très sommaires par rapport au phénomène. Elles n’abordent que certaines facettes de la problématique terroriste et ne fournissent pas de cadre d’analyse qui permettrait d’aborder de front le thème. Au cours de ce texte, nous avons abordé diverse problématiques présentes dans l’étude du terrorisme. Au final, nous nous retrouvons devant le dur constat que le terrorisme, en tant que sujet d’étude, est on ne peut plus difficile à comprendre et demandera probablement le développement d’outils théoriques et méthodologiques qui lui sont propres. Sinon, nous risquons en effet de ne pas être aptes à se sortir du présent cercle vicieux dans lequel les travaux sur le terrorisme sont plongés, notamment celui entourant les sempiternels débats autour de la définition du concept. Ce cercle vicieux a non seulement pour effet d’empêcher la communauté universitaire de faire émerger des concepts et des approches pouvant s’appliquer directement à la problématique, mais il nuit également aux décideurs qui se trouvent dans une situation où ils doivent prendre des décisions sur des cadres théoriques et conceptuels incomplets, imprécis, voire inefficaces. Cela est sans compter le fait que bon nombre de soit-disantes « recherches » sont tellement mauvaises d’un point de vu méthodologique qu’elles remettent en question l’utilité même d’utiliser des ressources pour s’intéresser au sujet. Il est donc urgent de s’interroger sur la place qu’occupent les études sur le terrorisme dans le cadre scientifique. |
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Bibliographie
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2002-2008, ERTA
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