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Introduction
Si aujourd'hui on dénonce de plus en plus
la violence commise dans les sectes nuisibles vis-à-vis de
leurs adeptes, il est très peu fréquent que cette violence
soit dirigée vers des personnes ne faisant pas partie de la
secte. Ces violences ont pourtant eu lieu en quelques occasions.
Si ces cas sont marginaux compte tenu des innombrables groupes sectaires
existant aujourd'hui, ils ont fortement marqué les esprits.
Le cas de la secte japonaise Aum en est une des plus récente
illustration, ou encore les Davidiens et le drame de Waco.
Devons-nous
voir ces cas comme des « dérapages » uniques
ou comme un échantillon des futurs procédés
des sectes nuisibles ? Autrement-dit, devons-nous craindre de
voir les sectes nuisibles que nous connaissons pour les actes préjudiciables
commis à l'égard de leurs adeptes, évoluer pour
devenir des sectes posant des actes terroristes ?
Dans
le cadre de cet article, nous proposons d'expliquer en quoi
l'embrigadement et la dynamique sectaire sont susceptibles
d'amener les adeptes de sectes nuisibles à commettre des actes
de violence contre l'extérieur ou des actes terroristes, mais
aussi pourquoi cela n'arrive que très rarement. A cette fin,
nous dresserons d'abord un tableau des méthodes utilisées
au sein des sectes nuisibles pour asseoir la domination du gourou
ou des membres dirigeants sur les adeptes et en faire des sujets « manipulables »,
capables du pire. Nous examinerons ensuite d'autres éléments
pouvant conduire à cette violence contre l'extérieur
et qui pourraient rendre possible la commission d'actes terroristes.
Quelques cas seront exposés brièvement et des conclusions
seront tirées quant aux risques et aux entraves.
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Conclusions
quant à la probabilité que des adeptes de sectes
nuisibles
aient recours à des méthodes terroristes
Nous avons vu que l'appartenance sectaire, avec
les caractéristiques exposées ici, est susceptible
de produire des individus soumis au gourou et à la doctrine,
et donc totalement manipulables. Les méthodes utilisées
par les sectes nuisibles pour assouvir leurs adeptes permettent de
mieux comprendre les gestes inconsidérés qui peuvent être
commis par des adeptes de ces groupes et le fanatisme parfois affiché.
Nous avons également identifié une
série d'éléments, inhérents au fonctionnement
sectaire et à l'orientation idéologique, qui sont favorables à la
commission par des adeptes de sectes d'actes de violence dirigés
contre l'extérieur. Et nous avons relevé les types
de sectes les plus potentiellement problématiques. Enfin,
nous avons montré que si des sectes voulaient se livrer à des
actes terroristes, elles en auraient souvent les moyens pratiques.
Pourquoi,
alors que des pratiques violentes sont trouvées à l'intérieur
des sectes nuisibles, pouvant aller dans des cas rares jusqu'à des
suicides collectifs ou des « meurtres internes »,
ne trouve-t-on pas davantage de violence dirigée contre l'extérieur et
plus spécifiquement, des actes pouvant être qualifiés
de terroristes, hormis le cas « Aum » ?
En définitive, il semblerait que cela relève en grande partie
des véritables motivations du ou des gourous. Selon
Jean-Marie Abgrall (2002 :74), on peut diviser les gourous en quatre groupes. Ainsi, on trouve des maîtres à penser au
sens noble du terme. Toutefois, cela n'exclut pas des dérapages idéologiques
et comportementaux. Ensuite on trouve des escrocs qui savent exploiter la
crédulité humaine en proposant des produits « marketisés ».
Il existe aussi des malades mentaux, le plus souvent paranoïaques, délirants
et hallucinés (névrosés hystériques majeurs ou
mystiques interprétatifs). Enfin, on trouve des intermédiaires
entre les trois types précités, c'est-à-dire des personnes
qui sont passés d'une vision personnelle sincère à une
perception pathologique du réel. Ou bien à une utilisation
volontaire de la connaissance acquise dans un but lucratif.
En
ce qui concerne la probabilité de commission d'actes terroristes,
on a certainement moins à craindre des escrocs que des malades
mentaux ou de gourous sincères mais aux idées destructrices.
Heureux
paradoxe, parmi les sectes nuisibles, celles qui nous intéressent
ici, les motivations sont souvent économiques, la doctrine
contribuant à aveugler les adeptes et à légitimer
d'autres activités. Dans ces sectes là, le groupe doit
offrir une bonne image au public. L'approche se fait par la séduction
et nous ne pensons pas que l'explosion de bombes ou des meurtres
d'envergure s'intègrent dans le « bombardement
d'amour ».
Certaines
sectes ont manifesté des ambitions politiques, par exemple
la méditation transcendantale qui a crée le « Parti
humaniste » et le « Parti de la loi naturelle » où « Aum » comme
nous l'avons vu. Toutefois, ces pratiques restent des cas rares.
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Références
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