Les sectes nuisibles, un terrain propice au développement de pratiques terroristes ?  
     
  Éléments favorables à la commission, par des adeptes de sectes,
d'actes de violence dirigés contre l'extérieur
 
     
 

Un certain nombre d'éléments inhérents au fonctionnement sectaire et à l'orientation idéologique de certaines sectes permettent de comprendre en partie pourquoi des actes de violences dirigés contre l'extérieur, voir des actes terroristes, peuvent ou pourraient être commis.

Une vision dualiste ou manichéenne

Nous l'avons vu, les adeptes de sectes développent une vision particulière de la réalité. Ils interprètent tous les évènements dans un sens dualiste et manichéen. Il y a d'un côté le groupe sectaire, considéré comme le bien, la bonne voie à suivre, et de l'autre côté le reste du monde, considéré comme le mal, comme le mauvais chemin. Tout est noir ou blanc, sans aucune nuance. Cette vision du monde affecte naturellement le fonctionnement des adeptes.
    
D. Casoni et M.-A. Pelland (2003 : 64) , reprenant Blee, Smith et Wilson, soulignent qu'une telle vision du monde peut fournir une justification suffisante pour commettre des voies de fait graves contre ceux qui sont vus comme des étrangers à la secte. Dans la mesure où rien n'est jamais remis en question dans le groupe, toute difficulté ne peut être qu'imputée au monde extérieur. De même, les individus extérieurs sont perçus comme des ennemis, et souvent perçu comme inférieurs aux membres de la secte. Ainsi, qu'est-ce qui pourrait empêcher un adepte d'abattre vingt écoliers s'il est persuadé qu'ils représentent le mal et ne devrait pas être considérés comme des enfants ? Convaincus d'être les seuls détenteurs de « La Vérité » et transcendés par l'urgence de leur combat contre « le mal » ou l'erreur, ils peuvent tout aussi bien qu'un « présumé terroriste » de l'E.T.A. ou de l'I.R.A, causer des crimes d'ampleurs pour atteindre leurs buts. On peut donc dire que plus la secte en question a développé une vision dualiste et manichéenne, plus sont potentiel de dangerosité à l'encontre de l'extérieur est grand.

Paranoïa et sentiment de persécution

Selon Abgrall (2002 : 295), les gourous présentent certains traits de caractère et des comportements révélateurs de pathologies mentales sous-jacentes mais omniprésentes dans leurs actes et leurs discours. Ainsi, il soutient

qu'il n'y a pas de gourou sans paranoïa. C'est cette psychose qui lui donne le sentiment d'être différent du reste de l'humanité, c'est elle aussi qui va lui donner la conviction qu'il a un rôle de leader et de guide à jouer. Il s'agit là d'une pathologie de la personnalité caractérisée par quatre critères définis en psychiatrie : l'hypertrophie du moi, la fausseté de jugement, la méfiance et la psychorigidité.

Les écrits, paroles et actions des gourous attesteraient souvent de la présence de ces quatre éléments. Ainsi par exemple, au niveau de l'hypertrophie du moi, la totalité du monde doit être attentive aux désirs du gourou qui représentent l'expression de la volonté divine, et de sa pensée, qui est un reflet de la vérité absolue. Ou encore, au niveau de la méfiance, la mise en accusation du gourou (ou de la secte) par l'extérieur pourra susciter chez lui un sentiment de défiance à l'égard de tous. Et ce sentiment pourra être renforcé par le fait que ses disciples sont convaincus qu'il est persécuté à cause de son savoir ou de son pouvoir. « Il existe un auto-entretien de la méfiance, véritable phénomène de feed-back entre disciples et gourous ». La soumission des adeptes persuade le gourou qu'il est dans le droit chemin. Et en retour, le gourou entretient les adeptes dans la conviction délirante que le monde les persécute. Cette méfiance peut s'exercer envers une communauté précise ou envers l'ensemble de la population. « Cette dynamique de méfiance généralisée est à la base d'un système manichéen sur lequel va reposer la psychodynamique du groupe et de son leader, et qui va culminer dans des délires paranoïaques » (Abgrall, 2002 : 298).
    
Un extrait de conversation enregistrée de Jo Di Mambro, l'un des deux leader de l'O.T.S. (avec Luc Jouret), peut attester en partie de cette paranoïa ou d'un sentiment de persécution, voir de sa vision dualiste :

On est rejetés par tout le monde. D'abord par les gens, les gens ne peuvent plus nous supporter. Et notre terre, heureusement qu'elle nous rejette. Comment partirions-nous ? Nous, on a un rejet aussi de cette planète. On attend le jour où on peut se tirer (…) La vie m'est insupportable, insupportable, je n'en peux plus. Alors tu pense à la dynamique que ça donne pour aller ailleurs… (cité dans Campos, 2002 : 53) .

Cette conversation, tenue auprès de fidèles, précède de peu le « suicide collectif », lorsque l'idée d'un « transit vers Sirus » prenait forme dans l'esprit de Di Mombro et Jouret.
    
Evidemment, il ne faudrait pas assimiler tous les gourous à des paranoïaques. Mais le sentiment d'être incompris et persécuté, ainsi que la méfiance sont des constantes qui, qu'elles proviennent à la base d'une pathologie chez le gourou ou d'une manipulation volontaire, pourraient se traduire par de l'agressivité à l'égard de ces « persécuteurs bornés » que sont tous ceux qui ne font pas partie de la secte.

Les doctrines les plus problématiques en terme de violence extérieure

Nous avons vu que le passage dans une secte avec toutes les caractéristiques exposées était susceptible de rendre des individus totalement sous contrôle d'un ou de plusieurs individus et ou mode de pensée. En cela, on pourrait dire que des adeptes de sectes représentent un danger potentiel puisqu'on pourrait leur faire faire pratiquement n'importe quoi. Mais si on pense à la commission éventuelle d'actes de violence d'ampleur contre l'extérieur, il faut certainement différencier les doctrines ou les types de sectes. En effet, certaines ont certainement un potentiel de dangerosité plus important que d'autres.
    
Il n'est pas aisé de procéder à une classification des sectes tant elles peuvent prendre des orientations différentes, car on peut les classer selon différents critères. Nous ne nous y attacherons pas ici. Parmi les sectes les plus susceptibles de donner lieu à des dérives meurtrières, et qui pourrait poser des actes susceptibles d'être qualifiés par certains de terroristes, nous retiendrons les Sectes millénaristes ou apocalyptique, les sectes « soucoupistes » et les sectes sataniques. Cela n'exclu toutefois pas que d'autres types de sectes posent de tels actes.

Les millénaristes et les apocalyptiques : Il s'agit de l'ensemble des groupes qui prédisent la fin du monde ou le chaos total et qui proposent des recettes pour y échapper.
    
E. Campos relève que les groupes qui ont connu des spirales meurtrières avaient développé une philosophie apocalyptique et envisageaient la fin du monde à court terme (Campos, 2002 : 53). De même, Pelland et Casoni (2003 : 65-66) relèvent que plusieurs auteurs se sont penchés sur le danger posé par les croyances millénaristes dans la précipitation vers un passage à l'acte violent tel que le suicide collectif ou l'attentat terroriste. Ici, une distinction faite par Wessinger et relevée par Pelland et Casoni est importante. En effet, on peut trouver énormément de sectes qui prédisent la fin du monde mais les croyances peuvent prendre des orientations différentes. Dans une orientation plus progressiste, les non-membres sont perçus comme des âmes à sauver, non comme des ennemis et on pratiquera beaucoup le prosélytisme pour que le jour de l'apocalypse, un maximum de monde ait accès au paradis (par exemple les Témoins de Jéhovah). Les risques de violences graves contre l'extérieure ne sont donc pas évidents. Par contre dans une orientation plus catastrophique,  l'Apocalypse doit suivre une catastrophe de grande envergure, les membres se sentent souvent menacés et n'ont pas de contacts avec l'extérieur. On peut aussi trouver l'idée d'un nombre limité « d'élus ».  Le risque est donc plus important dans ce type de groupe. Selon ce qu'on trouve dans la doctrine, on peut à fait imaginer les adeptes de ces groupes vouloir précipiter l'Apocalypse.

Les soucoupistes : Il s'agit ici des sectes qui croient aux extraterrestres et attendent leur venue. Ici aussi les croyances diffèrent, certains croyant en une venue prochaine des extraterrestres qui envahiront la terre pour y demeurer, comme les « raëliens », qui aspirent à construire une « ambassade » pour les accueillir, d'autres croyant qu'ils viendront pour emmener un petit nombre d'élus, comme les « Fidèles des Portes du Ciel » par exemple. On rejoint les millénaristes ou apocalyptiques dans la mesure où on attend un « jour J », et la distinction de Wessinger vaut ici aussi.

Les satanistes : Il existe différentes sortes de sectes sataniques. Dans la Commission d'enquête parlementaire belgesur les sectes (Belgique, 1997 : 303), on décrit le Satanisme de « The Church of Satan », dirigée par Anton La Vey comme

Une philosophie brutale et égoïste. Elle est basée sur la croyance selon laquelle les individus sont des êtres violents, que la survie est une lutte dans laquelle seuls les plus forts survivent et que la terre sera dominée par ceux qui peuvent afronter cette loi de la jungle. Pour eux il n'existe ni enfe ni paradis, l'unique réalité est le monde dans lequel nous vivons. Le sataniste n'attend pas passivement le sort qui lui est réservé sans tenter lui-même de le modifier (…) Chaque sataniste est son propre Dieu (…). Les satanistes pratiquent des rituels sexuels, des rituels sensoriels et des rituels de destruction ou de malédicton (…) Satan est considéré comme un homme qui, en vivant pleinement son humanité, possède des pouvoirs particuliers qui oppriment l'homme normal (…).

Si ici on adore pas une puissance supérieure, d'autres sectes sataniques peuvent le faire. Mais généralement, ces groupes se caractérisent par des rituels de magie noire, des jeux morbides, des sacrifices d'animaux, ou simulations de sacrifices humains, et des comportements anti-sociaux. Si ces groupes sont assez peu actifs, il y a toutefois là un danger potentiel quand on sait à quels jeux morbides certains membres de groupes satanistes peuvent se livrer. En outre, un certain nombre de meurtres on pu s'inscrire dans des rites satanistes ou commis par des personnes qui se disaient satanistes.

Tignous

D'autres éléments : On peut également supposer que les doctrines mettant en avant le principe de race ou individus supérieurs aux autres pourraient poser plus facilement des actes de violences à l'encontre de ceux considérés comme inférieurs, donc tout ceux qui ne font pas partie de la secte. Ainsi par exemple, les raeliens prônent la « géniocratie » (les meilleurs, les mieux dotés génétiquement et intellectuellement dirigent les autres, n'ayant même pas le droit de vote en dessous d'un certain seuil d'intelligence). Ou encore, cette affirmation étonnante de L. Ron Hubbard, fondateur de la scientologie :

Toute personne se situant en dessous de 2.2 sur l'échelle des tons ne devrait avoir aucun droit civil dans une société bien pensée (…) Il y a deux solutions pour s'occuper de ces personnes (…) La première est de les faire monter dans l'échelle des tons (…) l'autre est de s'en débarrasser calmement et sans remords. (…) Un dictateur vénézuelien a un jour décidé de stopper la lèpre. Il s'est aperçu que la plupart des lépreux de son pays étaient également des clochards. Simplement e rassemblant et en tuant tous les clochards du Venezuela, il fut mis fin à la lèpre dans ce pays (cité dans Fischetti, p. 75).

Ainsi, devant de telles affirmations, on pense même plus au génocide qu'au terrorisme, mais en tout cas on peut parler d'aspirations de violences contre l'extérieur de la secte.
    
De même, on peut penser que les sectes qui ont de véritables revendications politiques et qui peuvent par exemple se présenter comme un parti politique aux élections voir faire élire certains de leurs membres serait plus susceptibles de recourir à des moyens violents si on ne les entend pas (La secte Aum s'était d'abord présentée aux élections avant de lâcher du gaz dans le métro).
    
Evoquons maintenant quelques éléments qui laissent penser que si beaucoup de sectes voulaient commettre des actes de violences d'ampleur contre l'extérieur, elles en auraient les moyens pratiques.

La capacité à générer de l'argent

Les rapports entre les sectes nuisibles et l'argent ne sont plus à démontrer. La mauvaise connotation du terme secte dans le langage populaire est d'ailleurs en partie due aux escroqueries financières mises en lumière. Le rapport Commission d'enquête française sur l'argent des sectes affirme d'ailleurs que beaucoup de sectes ont acquis un véritable poids financier, et l'argent qui circule dans la mouvance sectaire atteint un niveau que la commission ne soupçonnait pas. Le statut sans but lucratif pris par certaines sectes est aussi souvent remis en cause quand on examine la nature de nombreuses activités et des pratiques frauduleuses ont été avérées dans nombreuses décisions de justice.
    
Les richesses des sectes trouvent leur origines dans différentes sources. Parmi les sources de revenu identifiées par la Commission d'enquête parlementaire belge, on trouve les dons faits par des membres (pourcentages sur salaire, cotisations, donations, etc.), la vente de biens et de services (livres, périodiques, camelote, médicaments alternatifs, cours, formations, ou thérapies), travail gratuit des adeptes pour le groupe. Ces objectifs financiers peuvent constituer la raison d'être de la secte, comme ils peuvent être secondaires (Belgique, 1997 : 178). Le Rapport de la Commission française souligne aussi les possibilités de financement public qui, bien que représentant des montants moins important, montre la capacité des sectes nuisibles à détourner des aides mises en place dans une finalité totalement extérieure à leurs pratiques (France, 1999 : 165).
     
Cette accumulation peut trouver différentes finalités, tantôt d'enrichissement personnel, tantôt « loufoques », mais en tout état de cause, elle contribue au développement de ces groupes qui ont souvent besoin d'argent pour mener leurs projets à terme, quels que soient ces projets. On peut donc penser qu'un projet terroriste pourrait être élaboré sur le plan financier dans de nombreuses sectes, pour autant qu'elles le veuillent.

 La capacité à se doter de moyens techniques

Les sectes nuisibles n'attirent que des personnes naïves, peu cultivées et d'un niveau social peu élevé. Au contraire, les membres de sectes ont souvent un bon niveau d'étude Cela s'explique par le fait que la plupart des mouvements recherchent des adhérents particulièrement solvables Ainsi, « l'Ordre du Temple Solaire » recrutait des membres scolarisés, présentant une certaine réussite sociale (Laplante, 1995 : 11).
    
Ainsi, on pourra trouver dans les sectes des personnes sans emploi et peu cultivées, mais on trouvera aussi beaucoup de scientifiques, des avocats, des psychologues, des médecins, des professeurs d'université, c'est-à-dire des personnes appartenant à toutes les couches de la société. On trouve donc dans les sectes des personnes compétentes dans les domaines les plus divers. Le domaine de la chimie ou des explosifs ne fait sans doute pas exception. En outre on sait que plusieurs groupes se prétendent des compétences scientifiques pointues. De même, nombreux groupes sectaires ont démontrés qu'ils étaient capables de se procurer des armes.

 
 
     
 

Quelques évènements

L'Ordre du Temple Solaire : Quarante-huit membres de la secte de l'Ordre du Temple Solaire retrouvés morts en Suisse en 1994. A quelques mois d'intervalle, malgré la mort des deux gourous, un suicide collectif entraîne la mort de seize autres membres de l'O.T.S. en France (Vercors) et encore de cinq autres près de Montréal la même année. Si les circonstances réelles de ces drames ne sont pas établies, suicide collectif ou crime en série de la part de quelques uns. On sait en tout cas que meurtres contre des « traîtres » ont été commis.
    
La doctrine de l'O.T.S. est faite d'un mélange d'éléments pris de la tradition ésotérique-occulte, dans le Nouvel-âge et dans l'ufologie (les extraterrestres et départ sur Sirus). Elle fait aussi constamment référence à la Bible et à l'Apocalypse. Au vu notamment de la conversation tenue par Jo Di Mambro, on peut penser que ces actions meurtrières et suicidaires ont été commises pour précipiter un transit annoncé vers Sirus. Les pressions extérieures contre l'O.T.S. ayant pu précipiter cette actions, voir amener l'idée. On voit donc ici une grande folie meurtrière et suicidaire, mais néanmoins dirigée contre des adeptes de la sectes et des dissidents.

Luc Jouret, co-leader de l'OTS.

Les Davidiens (Waco, Texas) : Les Davidiens, dont le leader était David Koresh, appartiennent au mouvement Adventiste du Septième Jour. Il s'agit d'une doctrine centrée sur l'attente du retour du Christ à la fin des temps, donc millénariste. En 1992, Koresh prépare ses fidèles à la fin des temps. Ils visionnent des films de guerre toute la journée et Koresh se livre à des prédications fondées sur des visions apocalyptiques. Afin d'être prêt pour le combat final, ils s'achètent des tonnes de munitions et d'armements, ce qui finira par attirer l'attention des autorités. A l'occasion d'une perquisition, les adeptes n'obtempèrent pas et une fusillade éclate. Elle donnera lieu à quatre agents tués et seize blessés. Quatre membres de la sectes seront également tués. Un long siège s'en suivra et l'explosion d'un ranch contenant la réserve de munitions provoquera la mort de 86 personnes, dont 17 enfants et Koresh.
    
Plus ancien, ou peut aussi évoquer « Le Temple du Peuple » avec le suicide collectif au cyanure entraînant la mort de 923 personnes et les meurtres commis à l'encontre d'adeptes récalcitrant et des journalistes.

David Koresh
Aum : L'affaire de la secte japonaise Aum est le cas le plus représentatif des possibles dérives terroristes que pourraient représenter les sectes nuisibles. 12 morts et 5 000 blessés, plus ou moins affectés, voilà le bilan qui résulte de l'attaque du métro de Tokyo au gaz sarin. En outre, la violence perpétrée par Aum débute par les assassinats de membres dissidents ou qui ont fait défection, et de personnes extérieures au groupe perçues comme une menace. Aum est une secte apocalyptique, à la base d'inspiration hindouiste, bouddhiste et yogiste. Ce groupe était persuadé que la fin du monde surviendrait en 1997, au moment où la société japonaise corrompue serait remplacée par la société idéale d'Aum. Le plan de Chizuo Matsumoto, alias Shoko Asahara, gourou de la secte, consistait alors à créer l'Armagédon et prendre la tête des survivants du cataclysme. Ce groupe avait donc des aspirations politiques. Certains membres d'Aum ont d'ailleurs tenté sans succès de conquérir des mandats lors des élections générales japonaises.
    
De l'analyse d'Aum réalisée par J. K. Campbell, il ressort une série d'éléments qui permettent de comprendre en partie les raisons de cet acte et ce qui l'a rendu possible. Ainsi, on trouve notamment le désir de créer un pouvoir pour contrebalancer celui de l'État-nation, le gourou a une personnalité autoritaire narcissique, l'idéologie de la secte défend l'usage de l'ultra violence, le groupe est fermé et on trouve une grande cohésion et une grande loyauté des membres à la cause, le groupe est prêt à prendre de gros risques, il ne prête pas attention aux réactions suscitées, il fait preuve d'une grande sophistication dans l'utilisation des armes ou dans sa tactique, on y trouve des membres qui disposent de compétences en matière d'armes de destruction massive. Enfin, la secte possède des ressources financières qui lui permettent de financer un programme d'armes de destruction massive et a accès à la technologie et aux matériaux nécessaire à la fabrication de ces armes.
    A ce jour, le cas Aum est le seul cas d'utilisation d'armes de destruction massive par un groupe non-étatique. Enfin, précisons que le cas Aum se distingue aussi des cas précités dans la mesure où leur acte n'est pas posé en réponse à une intervention des forces de l'ordre ou à des dépôts de plaintes, comme dans les cas précités. Ils ont décidé, de manière préméditée, de provoquer une action violente spectaculaire pour précipiter les évènements conduisant à l'Armagédon.


Shoko Asahara, gourou du groupe Aum
 
 
     
     
   
2002-2008, ERTA