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L'Iran : État
sponsor du terrorisme |
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A. Iran : contexte historique et politique |
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Successeur
de l'Empire perse, autrefois un des plus grands empires du monde,
l'histoire de l'Iran est une histoire très mouvementée. Depuis
tous les temps, la guerre et l'occupation par des forces étrangères ont marqué le
peuple perse. Que
ce soit contre les Grecs sous Alexandre le Grand (333 AC ), contre
les Romains sous l'empereur Trajan (112 PC), ou contre les Mongols
sous Gengis Khan (1220 PC), la guerre et le combat pour la liberté ont
toujours constitué des éléments
importants dans l'histoire et la culture perse.
La
première moitié du 20 siècle est caractérisée par une occupation de l'Iran par des puissances occidentales. À partir du début du siècle, l'influence de la Grande Bretagne, intéressée surtout par les énormes réserves de pétrole de l'Iran, s'accroît de plus en plus; pendant la 2e Guerre mondiale, l'Iran est occupée par des troupes britanniques, américaines et soviétiques.
En
1978, le peuple, soutenu par les meneurs religieux islamiques (Ajatollah
Khomeini), se révolte contre la monarchie du Chah. Ce
dernier quitte le pays et les Ayatollahs, se basant sur la foi musulmane
d'une partie de la population, s'approprient le monopole du pouvoir. C'est
le 1er avril 1979 que Khomeini proclame la république islamique
d'Iran. Le
nouveau pouvoir prend en main tous les moyens pour éliminer
tous ceux qui refusent d'obéir
aux ordres islamico-politiques des Ayatollahs. Des
milliers de gens sont arrêtés et exécutés.
Environ quatre millions s'expatrient. De
1980 à 1988, l'Iran a été confronté à une
guerre contre l'Irak. Khomeini meurt en 1989; son successeur sera l'Ayatollah Chamenei.
En
1997, Mohammed Chatami est élu président de l'Iran : il mène, malgré la résistance des forces conservatrices, une politique de réforme
et de rapprochement avec les pays de l'occident. Le
meurtre d'un diplomate iranien en Afghanistan entraîne des fortes tensions entre l'Iran et le régime
des Taliban en 1998. En
2001, Chatami est réélu président de l'Iran. |
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L'Iran d'aujourd'hui
Situation géographique
L'Iran actuel est
un des plus grands pays du Moyen-Orient. Il partage des frontières avec dix autres pays (Irak, Koweït, Arabie Saoudite, Emirats Arabes Unis, Pakistan, Afghanistan, Turkménistan, Azerbaïdjan, Arménie
et Turquie). Au Nord, l'Iran donne sur la mer Caspienne, tandis qu'au Sud, sur le golfe persique.
Quelques chiffres :
- L'Iran compte environ 67 millions d'habitants.
- Le territoire
de l'Iran est divisé en 28 provinces.
- La capitale
de l'Iran est Téhéran, avec 7.722.900 habitants.
- La religion Étatique
est l'islam (92% chiites, 6% sunnites)
- Au niveau international, l'Iran fait partie de ONU et de l'OPEC
- 15% de la population sont sans emplois
- Réfugiés:
1,868 million, surtout des Afghans et des Irakiens.
Système politique
-
Le
nom officiel du pays est « Jomhuri-ye Eslami-ye Iran » (République
islamique d'Iran).
-
Depuis
1979, l'Iran est une république autoritaire dominée par
un pouvoir théocratique. Le chef d'État et du gouvernement est
le président (depuis 1997 :
Mohammed Chatami).
-
La
république
islamique est dotée d'une constitution qui a été modifiée
en 1989.
-
Le
droit de vote existe à partir de 16 ans.
-
Le
parlement est composé de 270 représentants élus directement
par le peuple pour une durée de 4 ans. Le chef d'État et du
gouvernement est lui aussi élu directement pour une période
identique.
-
Tous
les pouvoirs Étatiques sont néanmoins fortement réduits
par le leader religieux (depuis la mort de Khomeini en 1989 :
Ayatollah Ali Chamenei). En
plus, tous les projets de loi doivent être approuvés
par un « Conseil de sauvegarde de la constitution » qui
vérifie leur compatibilité avec
les principes de l'Islam et de la constitution.
-
En
Iran, il n'existe pas de partis politiques, ni d'opposition politique
officielle.
La
religion
Depuis
la Révolution Iislamique, l'Islam est devenu la religion Étatique.
La grande majorité de
la population sont des chiites (92%). Le
régime des mollahs a introduit les règles
islamiques dans tous les domaines de la vie quotidienne. Le
leader religieux, Ayatollah Chamenei, est en même temps le
premier dirigeant du pays et la dernière instance dans toutes
les décisions politiques du pays. Selon la constitution, il
est même
au dessus de la loi.
La
dualité des pouvoirs
Une
caractéristique toute particulière de l'État iranien
est cette opposition entre les institutions politiques proprement
dites d'un coté et
le pouvoir religieux des mollahs de l'autre. Ces
pouvoirs sont, comme déjà mentionné, d'une force
très inégale : les institutions des mollahs disposent
d'un pouvoir de veto à l'égard de toutes les décisions
du gouvernement et commandent un réseau
puissant d'influence et de protection. En
raison de cette dualité des pouvoirs, on peut parfois avoir
l'impression que l'État iranien « parle avec deux bouches ».
En effet, les déclarations et les positions de ces deux pouvoirs
peuvent parfois apparaître en contradiction, ce qui peut mener à confusion,
surtout sur la scène
internationale. D'ailleurs,
les tensions entre ces deux centres de pouvoirs inégaux affectent
la politique iranienne à tous ses nivaux : l'Iran semble
alors poursuivre des objectifs différents,
voire contradictoires. Cette
dualité des pouvoirs au sein d'un même État reçoit
d'ailleurs toute son importance dans une analyse du parrainage iranien
du terrorisme : en effet, il se peut fort bien que
quelques « hard liners » du régime iranien
impliquent l'Iran dans tel ou tel acte terroriste, à l'insu
des autorités
officielles du pays. Ceci
rend l'étude du terrorisme parrainé par l'État iranien passablement compliquée. |
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B. L'Iran et le terrorisme |
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Étudier la question du « terrorisme iranien » n'est pas une tâche facile, et cela pour plusieurs raisons :
Premièrement, le terrorisme qui peut être mis en relation avec l'État iranien est un terrorisme très diversifié : il ne s'agit pas d'un terrorisme iranien, mais de plusieurs terrorismes différents. Faisons ici une distinction entre trois grandes sortes de terrorisme :
- Le terrorisme parrainé par l'État iranien (state sponsored terrorism)
- Le terrorisme « toléré » par l'État iranien
- Le terrorisme d'État iranien (state terrorism)
Les deux sortes de terrorisme qui m'intéressent tout particulièrement, et qui vont dès lors recevoir une attention particulière dans ce qui suit, sont le terrorisme « parrainé » par l'État iranien et le terrorisme « toléré » par l'État iranien. Comme notre foyer d'attention est le terrorisme international le terrorisme d'État commis en Iran sera aussi abordé, mais dans une moindre mesure.
Deuxièmement, les sources disponibles sur le terrorisme iranien doivent toujours êtres évaluées très prudemment. D'un coté, l'État iranien a bien sûr toujours essayé de cacher et de nier son implication dans le terrorisme, ce qui rend le travail des chercheurs évidemment plus compliqué. De l'autre coté, les données dont nous disposons n'ont qu'une valeur très relative, car les changements du contexte politique, social et culturel de l'Iran ont évidemment une incidence directe sur le terrorisme qu'on va rencontrer. Ce qui est vrai à un moment donné ou pour un terrorisme particulier ne l'est plus nécessairement à un autre moment ou pour un autre type de terrorisme.
Troisièmement, et cette considération est plutôt d'ordre théorique, se pose la problématique de la définition du terrorisme. Ce que certains considèrent et condamnent comme terrorisme, d'autres le voient comme une résistance ou un combat justifié contre une menace de l'État iranien. |
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L'Iran, État sponsor du terrorisme
Par
terrorisme parrainé par un État, on entend toute forme
de terrorisme qui s'intègre dans la stratégie globale
d'un État ou d'un groupe d'État, comme élément d'une
stratégie directe (comme l'Iran à l'égard d'Israël)
ou d'une stratégie
indirecte. Depuis
la Révolution Islamique en 1979, l'État iranien a toujours été accusé de
supporter, voire d'être impliqué directement dans des
activités
terroristes. Mais
très souvent, on est resté au stade des soupçons,
car il est en effet pas chose facile d'établir la preuve
directe que l'Iran soit à l'origine
de tel ou tel acte de terrorisme. De
plus, l'Iran est un cas particulièrement complexe en raison
de la structure et de la division des pouvoirs Étatiques.
En
effet, depuis les évènements de février 1979,
on peut observer une véritable vague d'actes terroristes qui
peuvent être
mis en relation avec l'État iranien. La
gamme des actes terroristes est particulièrement vaste et couvre
les enlèvements,
assassinats, prises
d'otages, attentats
suicides, attentats à la
bombe, terrorisme
maritime, etc. Il
est important de souligner que le terrorisme promu par l'Iran d'aujourd'hui
n'est pas le même terrorisme qu'il y a un quart de siècle.
Les activités terroristes ont évidemment évolué
et changé
avec les circonstances politiques et sociales. Même
si on doit considérer tous les éléments avec une
certaine prudence, car on ne disposera jamais de toutes les pièces
du puzzle, il est néanmoins
possible de se faire une certaine image et d'en tirer des conclusions.
Exporter la Révolution Islamique
Selon
le père fondateur de la nouvelle république islamique d'Iran, l'Ajatollah Khomeini, l'État iranien devrait poursuivre les buts suivants :
-
L'expansion
du « vrai » Islam et de la révolution
fondamentaliste chiite
-
La
mise en place d'un État religieux, selon l'idéologie iranienne,
dans d'autres États islamiques (comme par exemple le Liban,
l'Irak et la Jordanie)
-
La
libération
de Jérusalem et la destruction de l'État israélien
-
Le
combat des intérêts occidentaux au Proche- et Moyen-Orient
Le
moyen de premier choix utilisé par l'État iranien afin de
poursuivre ces objectifs est le terrorisme. En
effet, depuis sa fondation, la république islamique d'Iran
a mis en place une vaste infrastructure afin de pouvoir exporter
la Révolution
Islamique dans d'autres pays à dominante musulmane.
Par
opposition aux actes terroristes contre des opposants politiques à l'étranger, qui sont commis le plus souvent
par des Iraniens ayant des connexions avec le gouvernement de
Téhéran, les actes terroristes commis dans des pays voisins de l'Iran et dans les pays du Proche-Orient sont commis par des fanatiques chiites provenant d'autres pays. Ces terroristes sont formés à ces fins dans des camps d'entraînements
iraniens. En effet, des camps
d'entraînement ont été construits partout dans le pays, pour y former des « soldats de la Guerre Sainte ». Dans ces camps, les « guerriers de dieu » apprennent à manipuler des armes, des munitions et des explosifs, à détourner des avions et à commettre des attentats suicide. Une partie importante de cette formation consiste d'ailleurs en un « lavage de cerveau » idéologique.
Ces
camps d'entraînement iraniens n'existent pas seulement en Iran : dans d'autres pays, comme au Liban, au Soudan et en Syrie, l'État iranien procède de la même manière en soutenant des contacts avec des organisations terroristes qui, avec le support de Téhéran, mènent la guerre contre les « infidèles ». Le procédé est donc toujours le même : le gouvernement de Téhéran recherche et attire par sa propagande des Chiites, généralement insatisfaits et socialement isolés, dans des pays voisins et les forme dans ses camps en Iran, au Liban ou au Soudan. Après leur formation, ces « nouveaux » terroristes sont renvoyés
dans leurs pays respectifs afin d'y commettre des actes terroristes.
Pendant la guerre
contre l'Irak (1980-1988), le gouvernement iranien a utilisé le terrorisme comme moyen de déstabilisation des pays qui, comme le Kuwait, l'Arabie Saoudite et la Jordanie, s'étaient rangés du coté de
l'Irak. Avec le temps,
ces activités terroristes et subversives se sont intégrées dans les stratégies durables de sa politique envers les gouvernements d'autres pays. En effet, les dirigeants de Téhéran n'essayent parfois même plus à cacher leur implication dans des activités
terroristes ou leur sympathie pour des terroristes d'autres pays. Par exemple : lorsque le président égyptien Sadate est assassiné le 6 octobre 1981 par des musulman fanatique, le gouvernement iranien ne cache pas sa joie : une des plus grandes rues de Téhéran est rebaptisée au nom de l'assassin et le gouvernement publie un timbre à son
honneur.
On peut considérer qu'une majorité de tous les actes terroristes et de tous les coups d'État ratés dans les pays du golfe pendant les deux décennies après la Révolution Islamique ont été commis par des personnes et des organisations chiites radicaux, formés
et soutenus par l'Iran. Évidemment, le ministère des Affaires étrangères iranien nie catégoriquement toute ingérence dans les affaires intérieures de ses voisins. Pourtant, des personnalités religieuses et politiques au sein de l'Iran incitent constamment les musulmans « opprimés » dans les pays du golfe de se révolter contre leurs souverains « décadents ». Et en effet, à chaque fois qu'on dévoile dans ces pays les plans d'un coup d'État ou d'un acte terroriste, le gouvernement iranien est impliqué. Par exemple, en 1981
et en 1996, on a découvert les plans d'un coup d'État au Bahrayn. Dans les deux cas, les services de renseignements de plusieurs pays, dont les États-Unis, confirmaient que ces plans avaient été largement supportés
par l'Iran.
Depuis l'élection de Mohammed Chatami comme président iranien, on doit toutefois constater que cette politique iranienne en matière de terrorisme s'est fortement atténuée et qu'on assiste actuellement à un certain rapprochement entre l'Iran et les autres pays de la région. |
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Le soutien du terrorisme contre l'État d'Israël
We believe in the holy Quran that says: slaying of one innocent person is tantamount to the slaying of all humanity. How could such a religion, and those who claim to be its followers, get involved in the assassination of innocent individuals and the slaughter of innocent human beings? We categorically reject all these allegations. … Terrorism should be condemned in all its forms and manifestations; assassins must be condemned. Terrorism is useless anyway and we condemn it categorically. … At the same time, supporting peoples who fight for the liberation of their land is not, in my opinion, supporting terrorism. It is, in fact, supporting those who are engaged in combating state terrorism. (Extrait de l'interview de CNN du 7 janvier 1998 avec le président iranien Mohammed Khatami)
Ces propos du président Khatami indiquent suffisamment la position iranienne face à la problématique israélo-palestinienne. En effet, dans les yeux du gouvernement de Téhéran, son support de différents groupements terroristes pro palestiniens ne constitue pas du terrorisme, mais bien le support d'un peuple qui se bat pour sa souveraineté nationale. Par conséquent, l'État iranien ne cache d'aucune manière son support politique des groupements terroristes impliqués dans le conflit opposant le peuple palestinien à Israël.
Cette politique iranienne n'est pas du tout nouvelle, remontant au temps de Khomeini : depuis le début des années 80, le gouvernement iranien soutient toutes les organisations et groupements terroristes et extrémistes au Liban et en Palestine qui se livrent à des actes de terrorisme en opposition au processus de paix et qui poursuivent la destruction de l'État israélien. Depuis lors, l'Iran continue à s'opposer à toute reconnaissance de l'État israélien et encourage le rejet violent du procès de paix au Moyen-Orient.
| Organisations terroristes soutenues par l'Iran |
- Djihad islamique palestinien
- Hamas
- Hezbollah
- Front populaire de libération de la Palestine – commandement général
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Le Djihad islamique palestinien
Le Djihad islamique palestinien (JIP) est entièrement dépendant de deux États : la Syrie permet au JIP de mener des actes terroristes à partir du territoire national libanais contre Israël et l'Iran fournit une aide financière massive au JIP. Selon Dr. Ramadan Shalah, dirigeant du JIP, « le Djihad islamique palestinien est un des nombreux fruits de l'arbre de notre meneur Khomeini » (Dr. Ramadan Shalah, Iranian Republic News Agency IRNA, 22.5.02). Parmi toutes les organisations terroristes palestiniennes, le JIP dispose des contacts les plus étroits avec l'Iran.
En effet, le JIP reçoit plus en aide iranienne que toute autre organisation, surtout financièrement. L'Iran est de loin le sponsor numéro un du JIP : le budget entier du JIP provient quasiment de l'Iran. Pour l'Iran (et pour tous les autres pays qui soutiennent le terrorisme) l'argent est un des moyens les plus importants afin de maintenir les infrastructures terroristes et de renforcer les activités des organisations terroristes palestiniennes. Des documents confisqués et des déclarations de terroristes arrêtés ont confirmés que le JIP (tout comme le Hamas et le Hezbollah libanais) reçoit régulièrement des sommes importantes provenant de l'Iran. Sous cet aspect, il est important de relever que l'Iran est pratiquement la seule source financière du JIP.
On estime que le budget annuel du JIP atteint quelques millions de dollars. Une grande partie de cet argent est destiné à des actes terroristes contre Israël et le maintien de l'infrastructure : bureaux, salaires, armes, explosifs, aides financières aux familles des victimes. En juillet 2003, des forces de sécurité palestiniennes ont déclarées d'avoir confisqué une somme de 3 millions de dollars en comptant, ce qui constitue une somme importante, vu le budget total du JIP.
Toutes ces informations montrent à suffisance comment l'Iran, moyennant un effort financier relativement moindre, maintient son influence sur une organisation terroriste pour en tirer ses profits en incitant les membres de l'organisation à continuer les attaques terroristes contre Israël. Les attentats suicides du JIP montrent le succès de la politique iranienne en matière de parrainage du terrorisme, sans pourtant laisser des « traces iraniennes » trop évidentes.
Le Hamas
Le Hamas peut se définir comme un terrorisme politico-religieux, ses principales motivations étant i. la libération de la Palestine et la création d'un État islamique; ii. le refus de toute présence occidentale dans les pays musulmans; iii. l'opposition à la sécularisation et l'occidentalisation de la société arabe et iv.la revendication de la représentation unique du peuple palestinien. Ces motivations s'inscrivent donc dans la continuité de celles des différents groupes islamistes qui ont décidé de lutter contre Israël. Le Hamas bénéficie d'un large appui auprès de plusieurs pays musulmans. Il est financé par l'Arabie Saoudite et par l'Iran. Sur un budget annuel estimé à 30 millions de dollars, l'Iran lui apporterait une aide financière annuelle de 10 millions de dollars, tandis qu'un montant estimé à 10 millions viendrait de dons privés. Les preuves d'une collaboration entre l'Iran et le Hamas sont multiples, et ni les autorités iraniennes, ni les dirigeants du Hamas nient cette étroite relation qui existe entre eux. Le fait que l'Iran soutient politiquement et matériellement les activités du Hamas fut confirmé à multiples reprises par les plus hautes instances du gouvernement iranien.
Exemples du soutien iranien du Hamas : i. le vice président iranien Habibi a rencontré des dirigeants du Hamas à Damas immédiatement après leurs attentats en Israël de février 1996 ent louant leurs efforts. La semaine suivant cette rencontre, le Hamas assume la responsabilité de deux nouveaux attentats en Israël; ii. depuis 1993, le Hamas dispose d'un bureau à Téhéran; iii. enfin, ses camps d'entraînement sont basés en Iran.
C'est en 1980 qu'Ali Akbar Mohtaschami, l'ambassadeur iranien de la Syrie qui devint plus tard ministre des Affaires intérieures, a fondé l'organisation chiite extrémiste « Hezbollah » au Liban. Depuis lors, le Hezbollah poursuit ses efforts visant à faire dérailler le processus de paix au Proche-Orient et s'oppose à tous les intérêts occidentaux dans la région. À partir de sa base principale au Liban, le Hezbollah libanais entretient un contact direct avec l'État iranien, par le relais d'une unité spéciale (connu sous le nom « Département 15) du Ministère iranien des services secrets. Plus d'un tiers de l'aide iranienne accordée aux mouvements islamiques dans le monde est destinée au Hezbollah libanais (lien intéressant).
Quelle sorte de soutien?
Le soutien iranien du terrorisme, tantôt destiné a exporter la Révolution Islamique dans d'autres pays de la région du golfe, tantôt anti-israélien, est de différentes sortes. Un premier type de support est le soutien politique et idéologique. Le gouvernement mène une politique agressive envers l'État d'Israël : le régime des mollahs incite et encourage tous les musulmans pour le combat contre « l'ennemi israélien » afin de « libérer la terre sainte ». En plus, l'Iran se veut comme modèle pour tous les autres pays islamiques. Cette idéologie d'un État religieux est aussi fortement propagée par le gouvernement de Téhéran.
Le support le plus important, en tout cas pour le terrorisme anti palestinien, est sans doute le soutien financier. Ce soutien permet aux groupements terroristes de maintenir leur infrastructure, de payer leurs membres et d'en recruter de nouveaux.
Le soutien matériel de l'Iran consiste principalement en armes, explosifs et d'autres ustensiles nécessaires aux terroristes.
Une fois que des nouveaux membres sont recrutés, il faut encore qu'ils soient entraînés afin de pouvoir commettre des actes terroristes de façon aussi efficace que possible. C'est à cette fin que les groupes terroristes envoient leurs membres dans un des nombreux camps d'entraînement de l'Iran.
On peut donc constater que le soutien iranien du terrorisme est très diversifié. C'est sans doute la conjugaison de ces différents supports qui fait que l'Iran soit considéré actuellement comme sponsor mondial numéro un du terrorisme. |
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L'Iran, État tolérant le terrorisme
Par opposition au terrorisme supporté par un État, je veux désigner par terrorisme toléré toute sorte de terrorisme rendu possible ou facilité par des attitudes passives et des omissions de la part d'un État souverain. Il ne s'agit donc pas de situations dans lesquelles un État soutient directement des terroristes, mais plutôt de situations dans lesquelles un État laisse agir des terroristes librement sur son territoire, que ce soit pour y préparer des actes terroristes ou s'y réfugier pour échapper à des poursuites par d'autres pays.
Cette passivité d'un État peut s'expliquer notamment par le fait que les buts et objectifs poursuivis par les terroristes rentrent aussi dans la politique poursuivie par l'État concerné. Dans le cas de l'État iranien, une telle situation s'est produite après la guerre menée par les États-Unis en Afghanistan contre le régime des talibans. Cette concordance d'objectifs peut facilement donner lieu à des interprétations « maximales » des faits, où elle se tranforme en conspiration. En effet, plusieurs rapports provenant de services de renseignements ont parlé de connexions entre Al-Qaïda et l'Iran, notamment via le Hezbollah. Suite à ces rapports, l'État iranien a été accusé à plusieurs reprises par les États-Unis de tolérer la présence de terroristes appartenant au réseau d'Al-Qaïda sur son territoire. À première vue, ces accusations semblent être absurdes, car traditionnellement, l'Iran est vigoureusement opposé au régime des Talibans et à Al-Qaïda, ces derniers étant des musulmans sunnites radicaux, contrairement à la population iraquienne, qui est majoritairement chiite. Une explication possible serait dès lors une certaine tolérance de la présence de certains individus impliqués dans le réseau d'Al-Qaïda sur le territoire iranien en raison des objectifs qu'ils partagent en partie avec le gouvernement de Téhéran : s'opposer à une présence militaire et économique occidentale, et surtout américaine, dans la région du Moyen-Orient. Ainsi, dans la mesure où ces rapports sont exacts il ne faut donc pas parler d'un support iranien, et encore moins d'une alliance avec le réseau d'Al-Qaïda, mais tout au plus d'une tolérance ou d'une passivité délibérée de la part de Téhéran.
Dans un premier temps, les accusations de la part des États-Unis ont été démenties par le gouvernement iranien, mais dans les semaines et mois suivants, Téhéran annonça la localisation de membres d'Al-Quaïda sur son territoire et fit savoir que ces individus seraient renvoyés dans leurs pays d'origine pour y êtres jugés. Pendant l'année suivant la guerre en Afghanistan, l'Iran a arrêté et extradé plus que 500 personnes suspectées d'être impliquées dans le réseau terroriste d'Ousama Ben Laden. Malgré cette apparente coopération de l'Iran dans le combat international contre le terrorisme, des soupçons persistent que l'État iranien tolère la présence de membres d'Al-Qaïda sur son territoire, et cela depuis le début des années 90.
Ces soupçons se sont renforcés en mai 2003 lorsque trois voitures piégées ont explosé à Riyad. Peu après cet acte terroriste, qui fut attribué à Al-Qaïda, les États-Unis ont publié un rapport non confirmé selon lequel l'Iran abritait plusieurs « top members » d'Al-Qaïda, qui auraient pu êtres impliqués dans cet attaque. Le gouvernement iranien a réfuté toutes ces allégations en indiquant que ces membres d'Al-Qaïda ne sont pas abrités, mais bel et bien en détention provisoire afin d'être extradés dans leurs pays d'origine ou, à défaut d'extradition, d'être jugés en Iran. Selon des services de renseignements américains, le ministère iranien des services de renseignement accueille, depuis la fin 2001, régulièrement des membres importants d'Al-Qaïda. Le plus célèbre parmi ceux-ci serait Aiman Al Zawahiri, le remplaçant d'Ousama Ben Laden, que plusieurs services de renseignements occidentaux ont localisé à plusieurs reprises pendant quelques semaines en Iran.
Le problème majeur dans cette question d'une éventuelle relation, voire collaboration, entre l'État iranien et Al-Qïda est que ces informations se trouvent majoritairement dans des dossiers de services de renseignements et ne sont par conséquent pas accessible à des chercheurs qui s'intéressent à la question. On ne dispose donc pas, à l'heure actuelle, de tous les éléments de réponse nécessaires. On peut néanmoins relever deux cas, des procès de justice pour être exacts, qui laissent apparaître des preuves consistantes d'une certaine coopération, tantôt passive, tantôt active, entre l'Iran et Al-Qaïda :
-
Dans un procès à Düsseldorf (Allemagne) contre des membres du groupe terroriste de Abu Mussa Al Zarkawi (qui est un des « bras droit » de Ben Laden), furent utilisés comme moyens de preuve des enregistrements téléphoniques entre Al Zarkawi et ses hommes stationnés en Allemagne.
Le contenu de ses entretiens téléphoniques était la planification d'actes terroristes. Le Bundesnachrichtendienst (BND, service de renseignement allemand) a pu localiser moyennant ces écoutes téléphoniques le lieu ou se trouvait Al Zarkawi à ce moment : l'Iran. Interrogé sur ce sujet, un agent du BND répond que « personne ne peut être si naïf de croire qu'un homme si important comme Al Zarkawi peut être actif en Iran pendant des semaines et des mois sans la tolérance des services iraniens ». Aussi, depuis 2001, des hommes de Al Zarkawi utilisent de plus en plus l'aéroport de Téhéran pour s'introduire en Irak. Ceci peut être prouvé par les copies de leurs passeports, dont disposent les autorités allemandes.
- Devant un tribunal américain à New York, Ali Mohammed, ancien corps de garde de Ousama Ben Laden, déclare que les relations d'Al-Qaïda et l'Iran remontent jusqu'en 1993. Un rôle de premier plan dans ces relations fut pris par Imad Mughniyah, chef opérationnel du Hezbollah chiite au Liban et longtemps membre du Ministère iranien des services secrets.
Ali Mohammed a déclaré devant le tribunal qu'il fut même responsable de la sécurité lors d'une rencontre fin 1994 entre Ousama Ben Laden et Imad Mughniyah au Soudan. Quelles conclusions peut-on tirer de ces deux cas ? En ce qui concerne le procès de Düsseldorf, les preuves utilisées par les autorités allemandes confirment la thèse selon laquelle des membres d'Al-Qaïda bénéficient d'une certaine tolérance de la part des autorités iraniennes. Les déclarations de Ali Mohammad vont déjà plus loin parce qu'elles laissent conclure à une véritable collaboration entre Al-Qaïda et certaines forces iraniennes. Il faut néanmoins être prudent vis-à-vis de telles affirmations, car on ne sait pas vraiment si ce sont des représentants de l'État iranien (ou du moins des personnes agissant de façon non officielle pour ce dernier) qui entrent en contact avec Al-Qaïda, ou s'il s'agit d'individus n'ayant aucune liaison avec le pouvoir Étatique iranien.
Quoi qu'il en soit, je pense qu'il faut être prudent car, comme je l'ai déjà évoqué supra, beaucoup des affirmations concernant la question d'une relation entre l'État iranien et Al-Qaïda se basent sur des rapports de services de renseignements dont on ne connaît que très rarement le contenu exact et la valeur qu'on peut leur donner. Ce qu'on peut affirmer avec une certitude relative, c'est que des membres d'Al-Qaïda trouvent refuge en Iran et que les autorités iraniennes laissent apparaître une certaine tolérance à leur présence sur le territoire ; tolérance qui peut s'expliquer par le fait qu'ils partagent une caractéristique essentielle : leur hostilité contre l'occident en général et les États-Unis en particulier. En ce qui concerne un support iranien du terrorisme d'Al-Qaïda, voire une collaboration réelle entre l'Iran et le réseau d'Ousama Ben Laden, on ne dispose, à l'heure actuelle, pas de preuves consistantes, mais que de soupçons et de spéculations. Il se peut que des forces radicales oeuvrant au sein de l'Iran ont soutenu par le passé des contacts ponctuels avec des membres d'Al-Qaïda, et que ces contacts persistent de nos jours ; mais cela ne permet pas de conclure que le terrorisme d'Al-Qaïda est parrainé par l'État iranien. |
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Section
3 : Le terrorisme étatique iranien
Bien
que le sujet de ce travail soit le terrorisme parrainé par l'État iranien, il convient quand même d'évoquer ici le terrorisme Étatique iranien. En effet, dans le cas de l'Iran, il n'est pas toujours aisé de faire la part entre ces deux sortes de terrorisme, ce qui justifie, à mes yeux, qu'on y consacre quand même
une certaine attention.
Comme
il l'a déjà été évoqué dans
l'introduction historique supra, le pouvoir religieux sous
Ayatollah Khomeini va attaquer et poursuivre, après la révolution islamique de 1979, les autres forces politiques du pays. Tous ceux qui refusent d'obéir aux nouveaux ordres islamico-politiques vont êtres poursuivis et éliminés : arrestations et exécutions sont à l'ordre du jour. Une vague d'Iraniens se réfugie
dans les pays voisins de l'Iran et en Europe. Mais
le régime iranien va plus loin pour faire taire ses opposants
politiques en les assassinant à l'intérieur comme à l'extérieur
du pays.
Après la révolution islamique, de nombreux mouvements de résistance contre le régime des Mollahs se sont développés.
Le plus puissant parmi ces mouvements est le Moudjahedin e-Khalq (MEK). L'Iran fait un large usage de ses services secrets pour l'élimination de dirigeants de ces mouvements rebelles à l'étranger. Selon les autorités iraniennes, il s'agit de groupements terroristes qui menacent la sécurité nationale de l'Iran. Selon les dirigeants de ces mouvements de résistance,
c'est le gouvernement Iranien qui opprime et terrorise les citoyens
iraniens.
Encore
une fois nous sommes confrontés à la problématique de la relativité de la définition du terrorisme. Chaque partie affirme que c'est l'autre qui commet des actes terroristes et que les propres actions ne sont que des réponses légitimes et nécessaires face aux comportements de l'adversaire. Selon le point de vue qu'on adopte, c'est tantôt l'État iranien, tantôt la résistance
qui se rend coupable d'actes terroristes.
Autre affaire bien connue, juste
avant sa mort en 1989, Ajatollah Khomeini a lancé sa fatwa contre
l'écrivain britannique Salman Rushdie. Cette fatwa incitait
la communauté musulmane d'assassiner Rushdie. En plus, elle a été apparemment le début de toute une série d'assassinats de personnes considérées comme ennemis de la révolution.
Par
la suite, on a pu observer toute une vague d'assassinats d'opposants
politiques un peu partout en Europe, comme le montre cette énumération :
- 1979 : assassinat de Mostafa Chafigh à Paris
- 1989 : assassinat de trois opposants politiques kurdes à Vienne
- 1991 : assassinat de l'ancien premier ministre et dirigeant de l'opposition, Shapour Bakhtiar, à Paris
- 1992 : assassinat de 4 kurdes iraniens à Berlin
- 1996 : assassinat de Réza Mazlouman à Créteil (région
parisienne)
- ~1990 : multiples assassinats de dirigeants du Moudjahedin e-Khalq
Entre
1979 et le milieu des années 90, le terrorisme d'État iranien a assassiné plus de 90 de ses opposants, dont un grand nombre dans des États européens. Malgré tout, il
est possible que l'Iran ait souvent été accusé à tort : beaucoup de ces crimes n'ont jamais été résolus entièrement, et le degré d'implication des autorités iraniennes pourrait dès lors être surestimé. Vu
cette incertitude concernant une part de ces assassinats, on ne saura
peut être jamais s'il s'agissait toujours de terrorisme d'État (hypothèse ou les assassinats ont été commis par des agents de l'État iranien) ou si quelques unes de ces actes relevaient peut être du terrorisme parrainé (hypothèse ou les assassinats ont été commis par des terroristes bénéficiant
d'un support iranien). |
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