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Introduction
La relation entre le terrorisme et la religion n’est pas inédite. Rapoport (1984) a démontré que jusqu’au XIX e siècle la religion était l’unique justification du terrorisme. Toutefois, cette corrélation entre la religion et le terrorisme propre à son émergence n’a pas résisté à l’épreuve du temps. À un tel point, que selon les données de la chronologie des attentats terroristes internationaux de la RAND-Université de St Andrews, pas un seul des 11 groupes terroristes classés « transnationaux » ne tombait dans la catégorie du terrorisme religieux en 1968 (Hoffman, 1999). En 1995, l’inventaire révélait que le terrorisme religieux constituait désormais presque la moitié (26 sur 56) de tous les groupes terroristes. Qu’est-ce qui a bien pu se passer ? Blin (2005), répond à cette question en affirmant que le vide engendré par la suppression des luttes anticoloniales ainsi que l’anhélation de l’idéologie marxiste et de la décrépitude de la guerre froide a eu pour effet de faire renaître sous une forme extrême le terrorisme religieux. Al-Qaida en est aujourd’hui la figure emblématique.
Dans ce présent travail, je propose d’exécuter une description de l’évolution historique de la structure organisationnelle d’Al-Qaida. Sa division emprunte le parcours des trois étapes organisationnelles fondamentales qu’Al-Qaida a traversées depuis sa création. Dans la première section, je discuterai de son mode de fonctionnement hiérarchique qui correspond à l’époque du djihad afghan. Dans la deuxième section, il sera question d’examiner l’abandon progressif de sa structure organisationnelle hiérarchique au profit de celle en réseau. Cette période s’étale entre les années 1991 à 2001. Finalement, dans la troisième section, la phase correspondant au post – 11 septembre, il sera question d’aborder le concept de l’organisation Dune élaboré par Mishal & Rosenthal (2005) et de son extrême décentralisation, qui selon quelques auteurs, remet en doute sa véritable existence. |
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Conclusion
Ce qu’il faut retenir de l’évolution de la structure organisationnelle d’Al-Qaida, c’est son incroyable versatilité, son aptitude à s’adapter et à se réorienter. Suite aux événements du 11 septembre 2001, plusieurs pays ont restructuré leurs organisations de sécurité. Les Etats-Unis ont créé une impressionnante machine sous la houlette du Homeland Security (budget de 43 milliards en 2003) afin de coordonner les activités de sécurité de plus de 130 agences (Bourgault, Brodeur, Roussel, 2003). Au Canada, plusieurs changements se sont aussi opérés dans les structures organisationnelles étatiques s’occupant de la sécurité nationale. Le plan canadien pour contrer la menace terroriste a été mis en branle avec un budget de 7,7 milliards de dollars échelonné sur une période de cinq ans.
À travers quelques études, il est permis de constater que les organisations de sécurité n’ont pas cette faculté de pouvoir se mettre en harmonie avec la conjoncture sociale qui prime à un moment déterminé. Manning (2004) en vient à la conclusion après avoir examiné les actions suscitées par le Homeland Security que tous ces changements « désignent moins un programme d’action qu’une stratégie rhétorique ». Quant au rapport de la vérificatrice générale du Canada (2004) qui a scruté la gestion des mesures prises par le gouvernement du Canada en réaction aux attentats terroristes du World Trade Center et du Pentagon, elle y dénonce notamment le cafouillage dans la gestion du renseignement des acteurs impliqués à cette fin et des systèmes d’information qui sont utilisés pour communiquer rapidement une éventuelle menace terroriste. Autrement dit, la coordination du renseignement qui a été pourtant une des causes de l’échec du 11 septembre 2001 ne s’est pas fertilisée et cela malgré une prise de conscience de son extrême importance et une réorganisation des différentes Agences.
En examinant cette situation, il semble clair que la bonne vieille théorie de l’analyse stratégique développée par les sociologues français Crozier et Friedberg (1977) a encore tout son panache. La seule manière que les organisations de sécurité pourront remédier à ce constat peu reluisant et par le fait même être en mesure d’offrir une concurrence à la structure organisationnelle d’Al-Qaida sera de délester un peu de vanité et accepter une vraie coopération avec leurs confrères et consoeurs de travail. Comme l’a si bien mentionné Giuliano Zaccardelli, commissaire de la GRC, lors d’une conférence donnée sur la « technologie et la lutte contre le terrorisme » le 26 avril 2004, les obstacles qui bloquent la coopération entre les différentes agences de sécurité ne sont pas les capacités technologiques car elles sont désormais là pour parvenir à atteindre un succès sans précédent en la matière, mais plutôt les capacités humaines qui ralentissent ce dessein. Il souligne que les organisations veulent bien coopérer entre elles, mais du même coup veulent continuer à gérer et s’occuper de leurs propres problèmes. L’objectif derrière cette préoccupation est de s’attribuer le mérite qui leur revient. |
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Références
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- Baud, Jacques (2003), Encyclopédie des terrorismes et des violences politiques, Panazol : Lavauzelle.
- Blin, Arnaud (2005), Le terrorisme, France: Le Cavalier Bleu.
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- Hoffman, Bruce (1998), Inside Terrorism, New York : Columbia University Press.
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