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A. La création d’Al-Qaida et sa structure organisationnelle hiérarchique
Le combat contre l’ennemi soviétique
En 1984, afin d’établir une certaine structure d’accueil pour les militants volontaires qui veulent participer au djihad afghan contre l’ennemi soviétique, Abdallah Azzam et Oussama ben Laden instituent un bureau des services, le Maktab Al Khedamat (MAK) (Baud, 2003). Sa fonction prépondérante est d’instaurer une infrastructure capable de fournir de l’assistance dans les domaines suivants : la logistique militaire, le financement et l’humanitaire (Thomas, 2005). Le MAK est aussi sollicité pour développer des relations avec des milieux islamiques internationaux, comme celui d’Al-Kifah de la mosquée Al-Farouq dans le quartier de Brooklyn à New York. Entre 1984 et 1989, Azzam entreprend de nombreux voyages sur le sol américain et européen dans le but de solliciter et de ramasser des fonds provenant de musulmans émigrants afin qu’ils soutiennent financièrement le djihad afghan. De son côté, Ben Laden avec son argent personnel décide de créer une structure organisationnelle, la Maison des partisans (Bayt al ansar) destinée à donner l’hospitalité aux moudjahidines. Cette ossature organisationnelle comprenait des camps d’entraînements établis entre les villes de Jalalabad et Peshawar, en Afghanistan. Au total, six camps sont institués en 1986, celui d’Al-farouq se trouvait être le plus influent.
Les volontaires, estimés à plus de 10 000 combattants (Baud, 2003), qui briguent à devenir membres de cette structure organisationnelle doivent signer un formulaire et prêter serment devant un comité interne (Gunaratna, 2002). Par la suite, les combattants sont dispatchés selon leur nationalité. Après avoir fait l’acquisition des assises militaires (maniement d’armes légères et d’explosifs) ces derniers s’en aillent retrouver les différentes brigades afghanes qui luttent contre l’ennemi soviétique (Thomas, 2005). Ces volontaires abondent de partout à travers le monde (Arabie Saoudite, Égypte, Maghreb, Algérie, Maroc, Philippines, Indonésie, Europe, Etats-Unis, etc.) réagissant notamment aux fatwas appelant à repousser les infidèles et au travail de recrutement d’Azzam.
L’ennemi commun soviétique nous dit Sageman (2004) a amené le décloisonnement des différents groupes djihadistes, ils se sont tous homogénéisés sous le même antagoniste. Lorsque ce dernier a abdiqué et s’est retiré du sol afghan, la raison d’être du djihad afghan venait de collapser. Afin de voir perdurer ce mouvement social de combattant, Azzam propose de créer une avant-garde (Al-Qaida) conquérante qui sache cornaquer les musulmans dans leur reconquête des terres musulmanes. Il écrit dans la revue Al Jihad en 1988, « …Tout principe a besoin d’une avant-garde qui le porte plus loin et, tout en s’introduisant dans la société, accepte de lourdes tâches et d’énormes sacrifices. Aucune idéologie, céleste ou terrestre, ne peut se passer de cette avant-garde qui donne tout ce qu’elle possède, afin de lui assurer la victoire. Elle porte le drapeau tout le long d’un chemin difficile et sans fin, jusqu’au moment où elle atteint concrètement sa destination, puisque Allah veut qu’elle y parvienne. C’est Al Qaida Sulbah qui constitue cette avant-garde pour la société espérée… » (Migaux, 2004).
L’assassinat d’Azzam le 24 novembre 1989, va donner un élan différent à Al-Qaida. Ce qu’il faut savoir, c’est qu’Azzam cherchait principalement à reconquérir les anciennes terres de l’islam, alors que
les Égyptiens, très influents au sein de la mouvance d’Al-Qaida, priorisaient plutôt la lutte contre les pouvoirs musulmans perfides. Pour cette raison, la mort d’Azzam serait la résultante d’une conspiration entre groupes terroristes égyptiens (Gunaratna, 2002 ; Sageman, 2004). À partir de ce moment, Ben Laden devient le seul mentor de ce qu’allait devenir Al-Qaida ultérieurement. Le MAK s’éclate et ses éléments les plus extrémistes se rallient auprès de Ben Laden (Baud, 2003).
Durant la période de lutte armée opposant les combattants du djihad afghan et l’ennemi soviétique, la structure organisationnelle d’Al-Qaida était essentiellement de type hiérarchique. Elle utilisait une chaîne de communication clairement définie de haut en bas et elle se ralliait à une chaîne de commandement rigide ayant des objectifs bien arrêtés (Mishal & Rosenthal, 2005). Chaque unité était subordonnée à une structure pyramidale qui à son tour était tributaire du leadership de l’organisation centrale. Dans ce cas-ci, ce dernier était celui du comité interne, dont Ben Laden à sa tête. Les identités sociales, les frontières, les choix d’acteurs étaient fixes, permanents, et ordonnés, sans compter que les tâches étaient divisées de façon stricte et requéraient un haut niveau de spécialisation (Mishal & Rosenthal, 2005). Ce type de structure a permis d’expédier des combattants et de l’aide en Afghanistan, et plus tard, a servi de base pour initier des attaques terroristes à travers le monde occidental (Hoffman, 1998).
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