Agents de guerre bactériologiques |
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| B) Description des agents biologiques | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Pour répondre à la crainte de guerre biologique, les Nations Unies ont mise en place la Convention sur l’interdiction de la mise au point, de la fabrication et du stockage des armes bactériologiques ou à toxines de 1972. Cette convention signée par 144 pays oblige la majorité des États à renoncer à la production d’armes biologiques et à détruire leurs stocks. Cependant, la menace de détournements militaires des techniques de génie génétique inquiète encore les scientifiques (Bioterrorisme 2005 : 18). Même si les États ont signé la convention de 1972, rien ne prévient des laboratoires secrets financés par des États ou des entreprises privées de créer des programmes de production de virus ou de fabriquer des bactéries résistantes aux antibiotiques ou des gènes à l’intérieur de toxines. De plus on sait maintenant que plus de 50 000 personnes travaillaient à fabriquer des armes biologiques en Russie, pour le programme « Biopreparat ». Depuis les années 90, l’ex-URSS s'est désinvestit de ce programme et de nombreux scientifiques se sont retrouvés sans emploi. La guerre biologique n’est pas une invention nouvelle mais bien le prolongement de l’histoire des guerres de notre civilisation. Ce qui est nouveau, c’est la sophistication des armes modernes, l’évolution vers des attaques terroristes de masse et la radicalisation des moyens utilisés par les terroristes. |
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On considère comme agents biologiques, biological warfare (BW) des micros organismes causants des maladies chez l’homme, les animaux, et les plantes allant même jusqu’à la dégradation de matériaux. Préalablement utilisés à des fins militaires, ils agissent par inhalation, ingestion ou injection. Les effets sont lents et on doit parfois attendre quelques jours avant d’apercevoir les premiers symptômes. Certains agents peuvent créer des infections et contaminer d’autres organismes. Il existe plusieurs catégories d’agents : agents bactériens, les agents viraux et les toxines biologiques Les principaux critères qui guideraient le choix des terroristes seraient probablement dans l’ordre : la toxicité, la facilité de production, de fabrication et de transport, la facilité de dissémination, la facilité d’obtention, la virulence, la résistance dans l’environnement et la contagiosité. (Lepick et Daguzan, 2003). L’utilisation terroriste d’un agent biologique peut prendre plusieurs jours à être identifiée, contrairement aux agents chimiques, qui sont souvent rapidement détectables. Une fois infecté, l’organisme connaît une période d’incubation (temps entre l’exposition à l’agent et l’apparition de premiers symptômes). En revanche, les effets d’un agent chimique peuvent se mesurer en minutes et en heures. Avec un agent biologique, le taux de victimes sera plus difficile à déterminer à cause du risque de contamination secondaire et du déplacement des personnes infectées. L’arme chimique en revanche a des effets directs et produit des effets plus rapidement que les agents biologiques sur le corps humain. Sur ce point de vue, plusieurs auteurs comparent les armes biologiques aux armes nucléaires. Selon Kupperman (1977) (ancien chercheur scientifique de l’Arm Control and Disarmament Agency, « les agents biologiques et à toxines peuvent rivaliser avec des armes thermonucléaires offrant la possibilité de causer de centaines de milliers de morts » (SCRS, 2000). a) Les agents bactériens Pour reprendre la définition de Lachance (2001 :3) utilisée par Blais (2004,46), les agents bactériens sont des « micro-organismes unicellulaires qui ont la capacité de se reproduire et de survivre dans l’environnement (eau, air, sol) et d’affecter les êtres humains. ». Certains micro-organismes ont la capacité de se transformer en spores (prendre la forme d’une graine) et de survivre ainsi pendant de longues périodes comme l’anthrax (bulletin d’information toxicologique, 2001). b) Agents viraux Les agents viraux plus petits sont aussi des micro-organismes parasites intracellulaires qui peuvent seulement se reproduire à l’intérieur des cellules qu’ils parasitent. L’infection virale détruit les cellules hôtes parasitées. c)Toxines biologiques Les toxines biologiques sont des substances toxiques qui proviennent d’un organisme vivant (animaux, plantes, bactéries). Selon Lachance (2001 :3), ils sont plus toxiques que des produits chimiques industriels et sont généralement utilisés pour contaminer des produits alimentaires, des sources d’eau et des personnes ciblées. d) Rickettsies Les rickettsies sont des bactéries intracellulaires qui peuvent transmettre des maladies contagieuses. Les agents biologiques se divisent en trois groupes : Un groupe d'experts réunis par le Center for Disease Control and Prevention (CDC) des États-Unis en 1999 a déterminé que les six micro organismes qui représentent la plus grande menace pour la santé publique étaient la Variola major (variole), la Bacillus anthracis (charbon), la Yersinia pestis (peste), la toxine botulinique (botulisme), la Francisella tularensis (tularémie) et des filovirus/arénavirus (fièvres hémorragiques). Agents de classe A (Les plus dangereux) :
Bulletin d’information toxicologique, hiver 2001, vol 17 Agents de classe B :
Bulletin d’information toxicologique, hiver 2001, vol 17 Agents de classe C :
Maladies infectieuses émergentes, tuberculose résistante et de nombreux virus tels : hantavirus, virus Nipah, fièvre jaune, encéphalopathies virales, virus transmit par les tiques. Il y a trois risques qu’il faut mentionner au sujet du bioterrorisme
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| Avantages des bactéries pour le terrorisme | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Pendant la guerre froide, la course à l’armement a conduit l’U.R.S.S à produire des armes biologiques secrètement pour les utiliser comme outils militaires et comme moyen de pression. Les agents biologiques étaient un moyen pour dissuader l’adversaire et pour montrer sa supériorité militaire. Autrement dit, les armes biologiques militarisées étaient tellement redoutées que l’on comparait leur puissance à celle des missiles nucléaires. Les soviétiques croyait beaucoup à l’efficacité des armes biologiques.
Pour obtenir des résultats encore plus efficaces avec des agents biologiques, selon le professeur T. Rosebury, spécialiste américain des armes biologiques, l’arsenal microbien doit suivre plusieurs conditions comme par exemple : 1- avoir une virulence élevée capable d’entraîner rapidement la mort, 2- un pouvoir infectant grâce à de petites quantités de germes pour contaminer, 3- être capable d’envahir l’organisme par toutes les voix de pénétration, 4- contagiosité élevée, 5- résistance aux moyens thérapeutiques, 6- bonne résistance au milieu ambiant, 7-être capable de se protéger contre des vaccins ou des traitements prophylactiques (Bioterrorisme, 2005). |
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Désavantages |
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Pour pratiquer le terrorisme biologique, il faut avoir un bagage de connaissances scientifiques. Un minimum de connaissance et de formation avancée est nécessaire pour fabriquer des quantités importantes d’agents biologiques. De plus, il faut que le moment de l'attaque soit bien choisi, car les agents sont vulnérables aux conditions météorologiques. Enfin, il faut concevoir un moyen de dissémination efficace. |
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Les agents peuvent être disséminés de plusieurs façons : par voie aérogène (aérosol, pulvérisateur), par voie orale (contamination des réserves alimentaires et de l’eau), par contact dermique (contact avec la peau) ou par injection. Il existe plusieurs différentes façons de disséminer des agents biologiques, il s’agit de bien la choisir selon les objectifs que l’on veut atteindre. 1-La contamination de l’eau Cependant, les villes et villages des pays du tiers monde qui n’ont rien pour purifier et traiter leurs réserves d’eau font face à de graves problèmes d’hygiène et de maladies dans leur population. L’eau a toujours été transporteuse de virus et de maladies et pourrait être transporteuse de mort dans ces régions vulnérables dépourvues d’aide. 2- Contamination de la nourriture ou de boissons 3- La dispersion à l’aide d’un engin explosif 4- La dissémination par des matières inertes (colis, enveloppe) ou par des insectes
5- La dissémination par aérosol dans un milieu ouvert ou fermé et par aéronef Il y a plusieurs avantages offensifs à la contamination par inhalation, selon Centre de recherche pour la défense ;
L’utilisation d’aérosols est fort probable puisqu’ils sont faciles à utiliser et qu’ils projettent les bactéries directement dans l’air. Blais (2002 : 117) mentionne que des pulvérisateurs commerciaux employés par le domaine agriculture sont facilement disponibles sur le marché. L’utilisation d’aérosols permet de disperser le virus sans attirer l’attention et celle-ci ne donne aucune indication qu’une attaque est en cours. De plus, elle permet de contaminer plusieurs personnes à la fois et ne laisse aucun indice sur la scène de crime. L’agent biologique est facile à introduire clandestinement et il sera plus efficace s’il est pulvérisé en aérosol à basse altitude. Pour cela, il faut que l’agent soit choisi pour infecter par voie respiratoire (comme le charbon, la tularémie, la fièvre Q, le typhus, la variole, la peste). L’avantage à utiliser les aérosols en espace clos est la forte probabilité d’infecter plusieurs individus en même temps comme dans les réseaux de métro où à travers les systèmes de ventilation et l’air climatisé d’un immeuble. Il peut être diffusé à travers les climatiseurs, ou être répandu par avion ou hélicoptère. En espace clos, les conditions météorologiques sont plus favorables. Encore faut-il que les particules soient suffisamment petites pour être inhalées par les poumons à l’intérieur des aérosols. Les particules doivent avoir la dimension de deux à cinq microns. Si elles sont trop grosses, les particules sont difficilement inhalées car elles ont de la difficulté à demeurer en suspension dans l’air. Selon Pearson 1998 et Condesman, 2002, la taille des particules et l’aspect plus difficile de l’aérosolisation (Blais : 118). Cependant, l’utilisation d’aérosols comporte des désavantages, notamment plusieurs micro-organismes sont fragiles et sensibles au processus mécanique de pulvérisation. De plus, la virulence des agents est sensible aux conditions météorologiques (température, soleil, vent, humidité). Il faut des conditions idéales pour que l’agent soit efficace et dangereux. L’attentat manqué de la secte Aum montre que la dissémination par aérosol peut être aléatoire (Blais : 2001, 118). En 1995, la secte avait fabriqué du sarin (VX) dans un laboratoire clandestin par des chimistes et des microbiologistes sortant de l’université. Ceux-ci s’étaient procuré plusieurs différentes souches de virus et de bactéries et avaient déjà tenté de les utiliser devant le parlement. Cependant, leurs attaques biologiques furent un échec à cause des problèmes de dissémination des bactéries dans l’environnement et des problèmes de manipulation. Au niveau technique, les bios aérosols présentent une poly dispersion de particules ou de gouttelettes de 0.5 à 15.0 micromètres (um). L’étendue de particules lancées par aérosol qui représente un risque pour les humains est entre 1.0 et 10.0 um. Les particules entre 1.0 et 3.0 sont les plus dangereuses car une fois inhalées, elles vont dans les régions les plus profondes de la gorge et peuvent devenir une maladie respiratoire. Les bios aérosols peuvent être comparés à des spores de bactéries mais pour être efficaces ils doivent être pulvérisés à basse altitude à partir d’aérosols. L’utilisation d’aéronefs pour disperser de grandes quantités d’agents sur des kilomètres de distance fait craindre les spécialistes. D’une part, se protéger face à ce type d’attaque est un problème puisqu’on on ne peut identifier l’agent, ni le détecter. D’autre part, il faut connaître l’agent pour commander des doses suffisantes de vaccins. Malgré cela, des quantités suffisantes de vaccins ne peuvent pas neutraliser les effets d’un agent virulent ou génétiquement modifié. En revanche, l’avion doit être capable de contenir de grandes quantités et les conditions météorologiques peuvent avoir un impact.
6- Il existe aussi la transmission par contact. Celle-ci est généralement utilisée pour commettre des assassinats ou des attentats individuels comme par exemple à l’aide d’un parapluie à pointe enduite de ricine (« parapluie bulgare »). On peut aussi envisager le scénario suivant : un terroriste kamikaze ayant décidé de s’infecter lui-même intentionnellement afin de contaminer le maximum de personnes dans son entourage ou dans une population. Les moyens pour disperser les agents sont multiples et infinis et ils continueront de prendre de l’importance grâce au développement des technologies. Cependant, la dissémination d’agents bactériologiques est plus complexe que sa production. L’agent doit être capable de survivre longtemps pour qu’il infecte sa cible. Cette problématique concerne la majorité des agents infectieux. De plus, certaines méthodes comme les explosifs ou les aérosols sont susceptibles d’endommager les agents dans leur dispersion ce qui limite leur efficacité. De plus, les agents sont très sensibles aux conditions météorologiques, en particulier, la température, le taux d’humidité, le vent et le soleil, ce qui affecte leur virulence et pouvant provoquer la mort des microorganismes. Toutefois, ces germes peuvent être plus meurtrières si elles associées à des armes chimiques ou à des déchets nucléaires. |
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Détection Malheureusement, les premiers cas touchants les humains se manifesteront essentiellement dans les services d’urgence, plusieurs jours après l'attaque. Le premier indicateur d’un agent biologique sera un nombre accru de patients présentant les mêmes symptômes. Il faudra identifier les humains infectés durant leur période d’incubation. L’efficacité dans la neutralisation de la maladie dépendra de la capacité et de la rapidité des cliniciens et des premiers répondants à reconnaître et à identifier les symptômes et de les rapporter à la santé publique. La santé publique pourra par la suite mettre en branle un système de surveillance dans les hôpitaux afin d’appliquer des mesures pour contrer l’étendue de la maladie. |
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Production et faisabilité Pour produire des agents biologiques, il faut : 1) avoir des connaissances en microbiologie, 2) connaître les techniques de culture des agents pathogènes, 3) avoir accès aux instruments de production qui sont plus difficiles d’avoir accès. Par la suite, il faut également 4) être capable de militariser les agents et de les transformer en armes bactériologiques ce qui est beaucoup plus difficile car il faut des connaissances dans plusieurs différents domaines et être capable de combiner les moyens de dissémination avec l’agent bactériologique. La secte apocalyptique japonaise Aum Shinrikyo (vérité suprême) est la seule organisation à ce jour à avoir réussi à produire des agents biologiques. Elle avait investi dans la recherche et développement d’un laboratoire et recruté des étudiants universitaires en microbiologie et des scientifiques. Ils ont fait des expériences avec différents agents comme la toxine botulique (par aérosol), la bactérie du charbon, le choléra et la fièvre Q. La dissémination du sarin, au moment de l'attaque, fut le point faible du plan. La dissémination des agents biologiques et chimiques est plus complexe que leur production car il existe plusieurs facteurs influençant l’effet des agents : la qualité du produit, les conditions météorologiques, la circulation de l’air et la ventilation dans les bâtiments, la taille des particules et l’obtention de matériel pour disperser le produit en aérosol ou en fines gouttelettes. Ces conditions sont des obstacles à franchir pour disperser les agents CB (Solliciteur général, 2001). Cependant avec Internet, n’importe qui peut avoir accès à l’information et peut l’utiliser à leurs fins. De plus, on peut avoir accès à des produits chimiques et biologiques dans des laboratoires de recherche, des hôpitaux, des pharmacies, des fermes, des magasins de produits agroalimentaires, des usines de production, etc. La production d’agents biologiques nécessite beaucoup de connaissances et de matériel n’étant pas nécessairement à la portée des organisations terroristes. Cependant, il existe une vaste gamme de produits disponibles à tous comme des insecticides, des produits chimiques industriels et des toxines comme le ricin qui est facile à obtenir et à produire |
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2002-2008, ERTA
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