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L'affaire Ahmed Ressam : parcours d'un terroriste |
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Liste des membres impliqués |
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Mourad Iklef Mourad Iklef fréquentait régulièrement l'appartement de la rue Malicorne et d'autres lieux où se retrouvaient Boumezbeur, Ressam, Kamel, et Atmani. Mourad Iklef est originaire du même quartier que Fateh Kamel, en Algérie, et c'est un ami d'enfance d'Adel Bouzmebeur. Il fut arrêté, en décembre 2001, par les forces policières canadiennes qui le soupçonnaient d'être un complice de Ressam et d'être (ou d'avoir été) un membre du Groupe islamique armé (GIA). Il fournit notamment des conseils à Ressam sur la construction de son engin explosif (Bernton et coll., 2002). Le procureur fédéral demanda à ce qu'il soit déporté en Algérie en raison de la menace grave qu'il faisait courir à la sécurité du pays. Lors de son témoignage devant la Commission de l'immigration et du statut du réfugié, Mourad Iklef nia les faits qui lui étaient reprochés mais reconnaissait
Il a aussi ajouté que « lorsqu'il a accompagné Ressam à Vancouver, il voulait surtout aller à la pêche, voir les environs de Vancouver, la nature, et que Ressam a fait ses vols de son côté, alors que lui visitait les environs. » La Commission de l'immigration et du statut du réfugié mit en avant certaines coincidences troublantes du dossier :
Mourad Iklef nia également le fait d'avoir fait partie du GIA et tenta d'apporter des explications que la Commission trouva peu satisfaisantes sur le fait qu'il était surnommé par ses amis et connaissances « Mourad GIA ». Elle conclut qu'il y existait des motifs raisonnables de croire que Mourad Iklef avait fait ou faisait encore partir d'une organisation terroriste et qu'en conséquence, il pouvait être déporté en Algérie. |
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Nabil Iklef |
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Fateh Kamel Fateh Kamel est né le 14 mars 1960 à El Harrach, dans les faubourgs du sud d'Alger. En 1987, il a émigré au Canada et a obtenu quelques années plus tard la nationalité canadienne. Il s'est marié avec une canadienne, avec laquelle il a eut un fils, et il a exercé la profession de commerçant. Disposant de certains fonds, Kamel a ouvert un commerce à Montréal, Artisanat Nord-Sud, boulevard Saint-Laurent, qu'il revendra ultérieurement à Mokhtar Haouari. Il a habité avec sa femme à Outremont, avenue Rockland, puis il a déménagé à Pincourt, dans la 5e avenue, dans l'île Perrot, en banlieue de Montréal. Il s'est joint aussi, pendant un temps, à la firme d'import-export Mandygo, qui était spécialisée dans l'importation de cigares cubains (Bell, 2004). Il a suivi un entraînement militaire dans les camps d'Oussama ben Laden, en Afghanistan, ce qui l'a auréolé d'une certaine notoriété auprès de ses compagnons. Il voyage sans arrêt pour organiser des attentats, mobiliser et faire fuir des combattants. Montréal lui servait de base de repli. Il aurait aussi joué le rôle d'interface entre le GIA algérien et al-Quaïda (Bell, 2004 : Chapitre 4 : « Fateh l'Algérien »). Il connaît Abou El Maali, un des responsables de la cellule algérienne dans les camps afghans. En septembre 1994, il part pour la Bosnie avec Abdellah Ouzghar. En Bosnie, il rencontre notamment Christophe Caze. Après les accords de Dayton, Kamel met en place un trafic de faux papiers à travers l'Europe et le Canada pour aider les moudjahidines à se déplacer et à fuir après les attentats commis. Il suggère à Caze d'organiser son propre groupe en France (source : Le RAID). À Montréal, en 1996, il rencontre Ahmed Ressam et l'utilise comme voleur. Il le paye de 60 à 200 $ pour chaque document volé (passeports, cartes de crédit). C'est pour ce réseau et le trafic de faux papiers que Fateh Kamel sera condamné par la justice française. L'agenda électronique découvert sur le cadavre de Christophe Caze conduit les enquêteurs français, dont le juge antiterroriste Jean-Louis Bruguière, sur les traces de Fateh Kamel et d'Ahmed Ressam. Le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) est alerté et ses agents suivent les allées et venues des membres du réseau identifiés par l'équipe du juge français. Fateh Kamel est aussi en liaison avec l'Institut culturel islamique (ICI) de Milan, qui intéressent les services italiens. Des enquêtes précédentes avaient révélé que l'Institut était une façade destinée à dissimuler un support logistique qui facilitait le déplacement des membres de diverses organisations islamistes. Ils mettent sur écoutes des lignes téléphoniques et ils apprennent le rôle important que Fateh Kamel joue dans ce réseau. Les services italiens pensaient que ces activités avaient pris fin avec les accords de Dayton. Mais, alertés par les services belges et français, ils installent une micro-caméra en face de l'appartement d'un des membres de l'ICI. Du 6 au 10 août 1996, Kamel transite par cet Institut en compagnie de deux complices. Ils y discutent ouvertement de la recherche de faux papiers et Kamel se renseigne sur les possibilités d'obtenir de faux papiers canadiens. Il affirme qu'il peut se procurer au marché noir, à Montréal, des faux papiers pour 3000 $ (Bell, 2004 : Chapitre 4). Le 12 septembre 1996, Fateh Kamel participe, avec deux complices, au vol d'une dame de 62 ans. Ils s'emparent de son sac qui contient une carte de crédit et 350 dollars. La dame porte plainte au Service de police de la communauté urbaine de Montréal (SPCUM, maintenant Service de police de la ville de Montréal, SPVM) et elle reconnaît Kamel sur une des photos présentées par les détectives. S'il confirme qu'il était bien sur place, il nie avoir participé au vol. Il est relaxé par le juge. Kamel part ensuite en voyage. Il fait des escales en Suisse, en Allemagne, en Italie avant de se rendre en Bosnie et en Turquie. À Istanbul, le 18 novembre, il rencontre un certain Mokhtar Kaddi, lui aussi citoyen canadien et qui demeure à Montréal. Il recèle surtout des voitures volées avec un autre Algérien, Zouaoui, qui vit au Québec. Kaddi est arrêté à Marseille le 29 avril 2000 pour trafic international de voitures de luxe volées. Un peu avant Noël de la même année, la section antiterroriste de Paris procède à l'arrestation de 12 membres du réseau. Les différentes enquêtes les mènent à la piste de Fateh Kamel. En avril 1999, celui-ci se trouve en Jordanie. Le juge Bruguière demande aux autorités jordaniennes de l'arrêter. Kamel se trouve alors en compagnie d'un autre individu, Nourreddine Saidi, qui vit lui aussi à Montréal. Un mois plus tard, Kamel est extradé vers la France pour y être jugé dans le cadre d'un trafic de faux papiers. |
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Laïfa Khabou Il opérait de la façon suivante : il récupérait des photographies d'identité en Turquie, puis il allait au Canada pour se faire remettre des passeports. De là, il revenait en Belgique où un faussaire, de nationalité turque, apposait les photos sur les passeports, puis il s'en retournait en Turquie. Khabou s'est rendu 3 fois à Montréal durant le premier trimestre 1996 et, à chaque fois, il a récupéré des passeports qu'il a rapportés à ses commanditaires à Istanbul, via Paris et Bruxelles. Lorsqu'il était en Belgique, il téléphonait à partir d'une boutique appelée Phone Shop Ghiouar, à Montréal, et à l'International Humanitair Hlifs (IHH) d'Istanbul, une organisation de bienfaisance. Selon les autorités turques, « cette organisation serait en fait l'antenne illégale d'une association ayant pignon sur rue en Allemagne. Objectif inavoué de l'IHH d'Istanbul: « recruter des soldats d'expérience en vue de la guerre sainte » » (Le Figaro, 7 avril 2001, p. 10, « L'enquête de la DST sur la pieuvre islamiste »). Lorsque Fateh Kamel et ses complices se rendaient à Istanbul, ils étaient pris en charge, lors de leur arrivée dans la ville, par l'IHH. À Montréal, deux noms apparaissent sur la fiche des relevés d'appels, ceux de Mohamed Omary, demeurant dans un appartement de la rue Malicorne à Anjou, dans l'est de Montréal, et Abdallah Ouzeghar, qui lui vivait en Ontario, à Hamilton. À son arrivée à Montréal, Laïfa Khabou est conduit chez un certain Karim, d'origine marocaine, qui partage son appartement avec un prénommé Ahmed, de nationalité algérienne. Le dénommé « Karim » se révèlera être Saïd Atmani et « Ahmed », Ahmed Ressam. Lors de son arrestation, Khabou avouera que les photos d'identités découvertes devaient servir à l'établissement de faux passeports pour deux individus recherchés pour une tentative d'attentat contre le président en Turquie, Süleyman Demirel. Le 18 mai 1996, un islamiste avait voulu tirer sur le président (Le Figaro, 7 avril 2001, p. 10, « L'enquête de la DST sur la pieuvre islamiste »). |
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Mokhtar Kedi |
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Moustapha Labsi Mustapha Labsi fut arrêté à Londres au début du mois de février 2001 en possession de matériel électroniques d'ordinateurs, de cartes de crédit, de faux papiers laissant un doute raisonnable sur le fait qu'il préparait une attaque terroriste avec d'autres personnes (Judith Miller & Sarah Lyall, « Hunting bin Laden's Allies, U.S. Extends Net to Europe », New York Times, February 21, 2001). |
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Abdelghani Meskini Meskini s'était spécialisé dans la fraude bancaire et il avait réussit à ouvrir, aux États-Unis, de faux comptes avec des faux noms. Il y déposait des chèques personnels falsifiés et en retirait des montants importants en espèces de l'ATM. Meskini utilisait aussi de faux passeports et d'autres documents d'identité pour créer de faux comptes bancaires et pour le voyage. Peu avant l'arrestation de Ressam aux États-Unis, Meskini quitta New York et se rendit à Seatlle pour l'y attendre. Ne voyant pas venir Ressam, il téléphona à Mokhtar Haouari, qui était sur écoute. Haouari, qui a appris l'arrestation de Ressam, demande à Meskini de rentrer immédiatement à New York. Mais Meskini fut arrêté peu après par le FBI. |
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Rachid Mezzou Il partira lui aussi pour la Bosnie en compagnie de Seddik Benbahlouli, Ismaïl Touanssa et d'un quatrième individu non identifié. En chemin, ils s'arrêteront à Nice, chez Chafik Belheouane. Il participa au trafic de faux papiers mis en place. Rachid Mezzou ira notamment en Belgique avec Salah Achour et Abderahman Cheffah pour acheter des documents falsifiés. Pour sa participation au trafic de faux papiers, Mezzou fut condamné en 2001, en France, à 30 mois de prison avec privation de ses droits civiques pendant 5 ans. |
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Samir Aït Mohamed Il est arrivé en Allemagne en 1990 avec un faux passeport italien, puis il a falsifié un autre passeport hollandais pour aller en Finlande. La police de Helsinki a pu l'arrêter, puis a décidé de l'expulser vers l'Allemagne où il présenta une demande de réfugié sous un faux nom. En 1994, il falsifie un passeport français, pour rejoindre les Pays-Bas cette fois. Après quelques jours passés dans ce pays, il retourne en Allemagne. Au mois de juillet 1997, il falsifie un passeport belge pour s'installer définitivement à Montréal où il partagea le même appartement que Ressam. Samir Aït Mohamed et Ressam ont totalisé un nombre de 57 actes de vol et de cambriolage. Samir Aït Mohamed est accusé par la police américaine de complot terroriste. Il aurait prodigué à Ressam des « directives » et des « conseils ». Son nom a été cité lors du procès de Mokhtar Houari. Il est présenté par le FBI comme l'agent recruteur d'Abou Zoubeyda. |
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Mohamed Omary |
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Abdellah
Ouzghar Il a habité à Montréal avant de déménager pour s'installer à Hamilton, en Ontario, en 1999. Au Canada, Abdellah Ouzghar devînt un expert en fabrication de vrais faux documents administratifs, notamment les passeports, les cartes de séjour et les cartes d'identité et il travaille avec Fateh Kamel. Par ailleurs, Zaïr Choular fut arrêté le 28 juillet 1996 pour avoir utilisé un passeport canadien appartenant à Abdellah Ouzeghar. Ouzeghar aurait prêté son passeport à Zoheir Choulah pour que ce dernier puisse venir avec sa femme et leur fils à Vancouver. Le 4 août 2000, la France lance un mandat international d'arrestation et une demande d'extradition contre Abdellah Ouzghar mais sans succès. Le 6 avril 2001, le tribunal correctionnel de Paris condamnera Ouzeghar par contumace à 5 ans de prison avec interdiction définitive du territoire français. Il est arrêté par la GRC le 12 octobre 2001 (Taieb Chadi, « Secret défense », Maroc-Hebdo). Lors de la perquisition, on découvre, entre autres, sept passeports volés au Canada et un passeport belge falsifié. Depuis, la France réclame son extradition. |
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Omar
Zemmiri Omar Zemmiri fut reconnu coupable de braquages par la Cour d'assises du Nord, à Douaix, et condamné à 28 ans de réclusion criminelle en octobre 2001. Il fit appel de cette décision. En appel, sa peine a été réduite à 15 ans. Sa défense avait un peu changé. Il avoua bien avoir commis des braquages, notamment un fourgon de la Brink's attaqué au lance-roquettes le 25 mars 1996, mais nia avoir participé, trois jours plus tard, à une tentative d'attentat contre le commissariat de police de Lille. Il fait aussi l'objet d'une poursuite en Belgique pour tentative d'homicide contre des policiers Belges et la prise en otage de deux femmes, le 29 mars 1996. Cet épisode était survenu alors qu'il avait fui Roubaix en voiture avec Christophe Caze. Arrêtés à la frontière par la police belge, les deux hommes avaient refusé de se rendre et avaient tiré sur les policiers. Caze fut tué et Omar Zemmiri s'était enfuit à pied. Il était ensuite entré dans la maison d'un dentiste et avait pris 2 femmes en otage avant de se rendre à la police. |
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Ahcène
Zemiri Il se rend ensuite en Afghanistan où il est arrêté aux alentours du 15 décembre 2001, par l'Alliance du Nord, et transféré à la base militaire américaine de Guantanamo. Selon les services de renseignement américains, il aurait été en contact et aurait aidé Ahmed Ressam, condamné pour tentative d'attentat à l'aéroport international de Los Angeles.
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Abou
Zoubeida |
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Khalil
Zyad |
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2002-2008, ERTA
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